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Black Mass of the Nazi Sex Wizard poster

BLACK MASS OF THE NAZI SEX WIZARD

2015 CA HMDB
juillet 11, 2015

Réalisateurs

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Equipe

Scenario: Lucifer Valentine (Writer)

CRITIQUES (1)

Cristina Russo
Si la trilogie ne vous avait pas suffi, voici le quatrième opus de la saga Vomit Gore : "Black Mass of the Nazi Sex Wizard". L'édition du DVD, distribuée par l'autrichienne Black Lava Enterteinment, se présente dans un boîtier soigné qui plaira sans doute aux collectionneurs. Bien qu'il soit conçu et présenté comme un préquel, en réalité cet nouvel épisode peut être considéré comme une ramification ou une suite de la trilogie, qui manque de progression narrative et d'intrigue, au sens traditionnel. Comme l'admet le réalisateur lui-même, ses films sortent du cadre classique du cinéma pour embrasser un processus de désintégration cinématographique dominé par une discontinuité spatio-temporelle visant à représenter la condition humaine destructrice (des concepts qui rappellent le satanisme lavéen et que Valentine aime fusionner avec les principes de la mécanique quantique). Un obstacle non négligeable pour le spectateur, mais essentiel pour l'identité symbolique de l'œuvre. La grande absente de ce nouveau projet est Ameara LaVey, muse inspiratrice du Roi du vomi et compagne de vie aux temps du premier "Slaughtered Vomit Dolls", une sorte de documentaire entièrement tourné à la caméra à l'épaule qui témoigne d'une période particulièrement sombre - faite de boulimie, d'alcool et de drogue - de l'actrice porno. Le personnage d'Ameara prend le nom d'Angela Aberdeen, une jeune fille qui a subi des abus sexuels dans son enfance et qui, une fois adulte, se réfugie dans un monde d'excès et de prostitution. Dans cette descente aux enfers, la femme rencontre Lucifer Valentine, un ami imaginaire. Les manifestations physiques de cette relation, constamment en équilibre entre cauchemar et réalité, sont immortalisés par la caméra, donnant naissance à un voyage infernal. Un voyage qui, visuellement, au cours des trois chapitres change de forme mais pas de substance. Après un début décidément amateur et sale (et si l'on veut plus inquiétant), Valentine se lance à corps perdu dans les territoires de l'art house le plus extrême et le plus élégant. Les suivants "ReGoregitated Sacrifice", "Slow Torture Puke Chamber" et "Black Mass of the Nazi Sex Wizard" accordent en effet une large place à une élégance formelle - de l'utilisation des lumières, à la scénographie, à la saturation des couleurs - destinée à exacerber la brutalité (croissante) des contenus. Ceux qui connaissent les œuvres de l'excentrique réalisateur savent exactement à quoi s'attendre : des femmes nues qui vomissent, puis vomissent et enfin vomissent. La question fatidique est dans un coin : quel est le sens de montrer des régurgitations - strictement réelles - pendant plus d'une heure ? Puisque les intentions du réalisateur sont difficilement intuitives, pour beaucoup la réponse est la plus simple et logique : le choc pour le choc lui-même. Vu selon la perspective de Lucifer Valentine - émétophile déclaré - l'acte de rejet gastrique représente une sorte de catharsis à travers laquelle le sujet tente désespérément d'exorciser la dimension traumatique dans laquelle il vit. Une certaine connotation autoréférentielle, probablement inconsciente, influence considérablement le processus créatif du réalisateur, qui exprime au moyen d'images psychologiquement et physiquement violentes, sa personnalité, se moquant assez du retour du public. La vision de "Black Mass of the Nazi Sex Wizard", contrairement aux chapitres précédents, est rendue plus tolérable grâce à un montage moins frénétique "ReGoregitated Sacrifice" est une attaque aux épileptiques) et à une bande sonore doomeggiante et hypnotique, accompagnée de la voix déformée des protagonistes, qui aiguise la sensation de malaise et d'étrangeté. Entre deux haut-le-cœur, apparaissent des fragments insistants de concours de beauté : une condamnation à cette éducation qui impose l'atteinte de canons esthétiques parfaits, cause directe des troubles alimentaires (en particulier de la boulimie, leitmotiv auquel Valentine est très attaché). Alors que d'un côté nous voyons Angela, complètement soumise à son maître et dévouée aux forces du mal, de l'autre nous assistons à la manifestation diabolique de ses alter ego : des femmes qui se mutilent mutuellement et qui mangent des entrailles pour ensuite les vomir dans la carcasse du cadavre et autres amabilités du même genre. Les effets spéciaux sont excessivement plastiques et artisanaux, mais ils font tout de même leur sale travail. Non sans raison, les scènes les plus fortes sont celles réelles. Et le mythique Hank Skinny "estomac de fer" n'aurait pas pu manquer, connu pour sa capacité à boire son propre vomi pour ensuite le revomir et ainsi de suite à l'infini (scène que vous pourrez apprécier dans "Slaughtered Vomit Dolls"). L'effet choquant s'épuise cependant rapidement : la répétitivité des situations anesthésie le spectateur (du moins le moins impressionnable) et la longue durée finit par avoir l'effet inverse de celui souhaité. Je trouve que l'apparence intellectuelle et pseudo-philosophique que Valentine donne au projet (à supposer que ce ne soit pas une grande prise de tête) ne représente pas une valeur ajoutée mais un ornement inutile qui masque une condition sexuelle pas normale (au sens statistique du terme) et inévitablement soumise au jugement moral de celui qui regarde. Raison pour laquelle un mécanisme vicieux s'enclenche qui ne permet pas de comprendre le sens ni encore moins d'apprécier l'œuvre pour ce qu'elle est réellement : une excursion aliénante et bouleversante en compagnie de sucs gastriques, de sang et de paraphilies. Néanmoins, c'est une expérience visuelle que chaque amateur du cinéma des excès devrait s'offrir, de préférence après un copieux dîner. Critique initialement publiée sur le blog M'illumino di Horror
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