Le laboratoire britannique Doomwatch repère des anomalies biologiques sur la côte ouest du pays. Del Shaw, l’un des meilleurs éléments, est envoyé sur l’île de Balfe pour mener l’enquête. À son arrivée, il remarque qu’il est surveillé de près par les insulaires. La nuit venue, il distingue des mouvements dans l’obscurité et tente de suivre ces passants inconnus. En chemin, attiré par des aboiements de chien, il découvre dans la forêt le corps d’un enfant enterré à la va-vite. Pendant ce temps, au laboratoire, les analyses des algues récoltées sur l’île corroborent la thèse d’une pollution et d’une contamination chimique...
Le Dr. Del Shaw est envoyé par l'Institut Central Anti-Pollution (mieux connu sous le nom de Doomwatch) sur l'île britannique de Balfe, pour contrôler le niveau de pollution des eaux. Shaw trouve immédiatement la méfiance des habitants qui ne semblent jamais coopératifs, à l'exception de l'enseignante Victoria Brown, transférée à Balfe depuis maintenant deux ans. Alarmé par certains événements inquiétants qui se produisent pendant son enquête, Shaw découvre également que certains habitants du pays sont atteints d'acromégalie, une maladie causée par une hormone qui affecte la glande pituitaire et transforme physiquement ceux qui en sont atteints, les conduisant à la folie.
Une genèse intéressante se cache derrière "Doomwatch - Les monstres de 2001" : née comme une série télévisée pour la BBC en 1970, "Doomwatch" débarque au cinéma en 1972, année de l'annulation de l'émission. Trois ans de télévision pour une série qui abordait le sujet écologique en le liant aux topoi classiques de la science-fiction, parfois contaminée par l'horreur. Le film signé Peter Sasdy, déjà auteur pour la Hammer de "Une messe pour Dracula", "La mort va à bras avec les vierges" et "Les griffes de l'éventreur", est produit par l'une des principales concurrentes de la Hammer, la Tigon, autre maison de production anglaise qui s'était déjà occupée de "Le tueur de Satan" et "Terreur et Terreur".
"Doomwatch" part de l'immancable point de départ écologiste anti-pollution pour raconter une histoire qui a initialement un goût fortement lovecraftien : l'homme commun, représentant de la raison et croyant en la rationalité, se retrouve plongé dans une dimension qui a quelque chose d'illogique, presque surnaturelle. Je dis presque parce que, contrairement à Lovecraft où l'on plonge dans des horreurs qui n'ont rien de tangible, dans "Doomwatch" la science peut expliquer et résoudre tout. Ces "monstres de 2001", comme le proclame un peu naïvement le sous-titre italien, sont des créatures générées par la scélératesse de l'homme et ancrées dans une réalité hypothétique vérifiable dans un avenir pas trop lointain, cette année 2001 que Kubrick avait établie comme date de renaissance avveniriste de l'homme.
Le film de Sasdy a d'innombrables potentialités, liées surtout à un sujet attrayant, qui ne sont pourtant jamais vraiment exploitées, au contraire, elles réussissent à être coupable réduites par un scénario monotone qui, surtout dans les dernières scènes, semble craindre la confrontation avec le cinéma de genre. "Doomwatch" voyage continuellement sur la ligne du "je pourrais mais je ne veux pas", adopte un ton un peu pédant de celui qui voudrait suggérer une morale sans en avoir réellement la capacité/possibilité. Louable et intéressante, la piste écologiste, qui donne une clé de lecture originale à l'histoire et fournit également des réflexions fortement liées à l'époque à laquelle le film a été réalisé, capables de générer des suggestions de fanta-horreur tout à fait respectables. L'horreur est pourtant continuellement suggérée et jamais réellement explorée, dans des coïts interruptus continus qui finissent par être frustrants. Les mutants sont là, on dit qu'ils sont même plutôt violents mais en réalité ils ne font jamais rien. La tension pratique n'existe pas, à l'exception de la scène de l'agression dans la grange et on ne parvient jamais vraiment à percevoir cette atmosphère de danger dans laquelle le personnage principal devrait être immergé. La fin, ensuite, présente un anticlimax qui amène les différents éléments à une implosion, réussissant à laisser un goût amer dans la bouche du spectateur qui ne sait pas si c'est dû au mauvais happy end ou au manque d'un événement marquant qui conclue l'histoire.
Les protagonistes de la série télévisée, le Dr. Quist et le Dr. Ridge (toujours interprétés par John Paul et Simon Oates) apparaissent dans des rôles marginaux, tandis qu'on a voulu élire comme protagoniste un personnage créé ex novo pour le film, le Dr. Shaw, interprété par le bon Ian Bannen ("Braveheart"). La maîtresse de maison à laquelle Judy Geeson ("Peur dans la nuit" ; "Inseminoid") donne vie est au contraire un personnage de rareté inutilité, inséré de manière trop évidente pour donner un appui à la "civilisation" extérieure au Dr. Shaw et jeter les bases d'une inévitable sous-histoire rose qui ne parvient pourtant pas à éclore dans ce film.
"Doomwarch - Les monstres de 2001" se présente donc comme un film peu réussi, aussi intéressant qu'inachevé et surtout mal géré, auquel contribue négativement également un rythme un peu trop lent. Sûrement à récupérer pour l'originalité du sujet et du thème traité, même si c'est juste d'être préparé à la vision.
Récemment distribué pour la première fois en DVD italien par Mosaico Media en édition intégrale.
Note arrondie par excès.
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