Dans la ville de Detroit, un maniaque assassine les religieux de toutes sortes. Le père Koestler décide d'enquêter avec la police, mais voici que l'assassin vient se confesser a lui. Coincé par le secret de la confession, le prêtre tente d'anticiper sur les actes du tueur, afin de le faire arrêter...
Un tueur en série rôde dans les rues de Détroit ; ses cibles sont exclusivement des représentants du clergé. Ils meurent dans l'ordre : un vieux prêtre malade, une jeune nonne qui voulait quitter la communauté, un prêtre dans le confessionnal… tous retrouvés avec un rosaire noir entre les doigts ; jusqu'à ce que le père Koesler entende la confession d'un homme qui lui révèle être le tueur. Tourmenté par l'obligation de garder le secret de la confession ou de tout révéler à la police, le père Koesler décide d'enquêter seul, partant d'un mystérieux suicide d'une jeune fille survenu quelques années plus tôt et auquel l'assassin avait fait allusion dans le confessionnal. Partant du roman éponyme de William Kienzle, Fred Walton met en scène un thriller de routine qui ne manque pas d'éléments vraiment intéressants pour se résoudre, puis, comme un petit giallo télévisé peu cohérent et faible. Le problème de fond de "Les crimes du rosaire" réside dans l'histoire même mise en scène par Walton, par moments peu crédible, et dans le scénario (écrit par Elmore Leonard, auteur, entre autres, du roman dont s'est inspiré Tarantino pour "Jackie Brown") qui montre parfois les limites de l'histoire elle-même racontée à travers une série de trous évidents qui apparaissent surtout dans la partie finale : des éléments seront introduits qui semblent indispensables pour la résolution de l'affaire, mais qui seront ensuite complètement abandonnés ; nous verrons le protagoniste arriver à des conclusions de manière tout à fait artificielle et peu crédible. De plus, le tueur lui-même, bien qu'enveloppé de mystère concernant son identité, sera facilement deviné, en raison du faible nombre de personnages impliqués dans l'affaire et de la piste trop évidente que suivra le protagoniste ; sans parler du mobile derrière la série de meurtres, tout à fait illogique pour la succession des événements racontés. Donc, si l'on considère l'aspect narratif de "Les crimes du rosaire", on sera largement déçu, non seulement pour les limites logiques évidentes, mais aussi pour un rythme parfois très lent, probablement dû à l'origine littéraire de ce texte cinématographique. Mais tout n'est pas à jeter dans ce film ; "Les crimes du rosaire", comme dit précédemment, part de certains éléments d'un intérêt certain et bénéficie d'un cadre urbain efficace et de grand impact, capable d'encadrer le monde ecclésiastique d'une perspective différente et inhabituelle. Le travail d'approfondissement des personnages est également de qualité, puis valorisé sans aucun doute par la distribution engagée dans le projet, parmi laquelle se distingue, dans le rôle du protagoniste, Donald Sutherland, aux prises avec le personnage d'un prêtre moderne, aux larges vues, perpétuellement indécis quant à savoir s'il doit suivre sa foi ou sa rationalité d'être humain. Les personnages secondaires sont parfois fonctionnels, comme dans le cas du père Nabors (Charles Durning), parfois bien approfondis mais pas particulièrement fonctionnels pour l'économie de l'histoire, comme dans le cas de la journaliste Jimenez (Anita Barone), d'autres fois essentiels pour l'histoire mais pas particulièrement caractérisés, comme c'est le cas pour le détective Harris (John Danelle). La réalisation de Fred Walton ("Quand un inconnu appelle"; "Jolly Killer") est solide et professionnelle, à laquelle on peut reconnaître le mérite certain d'une bonne direction des acteurs. Le rythme, en revanche, fait souvent défaut et les scènes fortes et violentes sont complètement exclues, suivant la ligne du "film pour tous". En conclusion, "Les crimes du rosaire" est un giallo par moments captivant, grâce à des éléments originaux et intéressants, mais trop souvent gâché par des trous de scénario et des choix narratifs incohérents, ainsi que par un rythme beaucoup trop lent. Vu les noms impliqués, on s'attendait à mieux.
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