En Bretagne, nuit d'Halloween. La jeune Lucie Clavel et ses deux acolytes qui s'ennuient à mourir dans leur petite ville de province décident sur un coup de tête de cambrioler la maison d'une vieille femme plongée dans le coma. La légende veut que cette maison renferme un trésor… Après avoir traversé la lande de nuit, le trio arrive chez Deborah Jessel et pénètre dans sa maison plongée dans les ténèbres. Ils ne tarderont pas à découvrir un "trésor" surprenant, ainsi que sa véritable identité.
Lucy est une jeune infirmière qui s'occupe des malades à domicile. C'est son premier jour de travail et c'est la signora Wilson, une femme aussi revêche que pleine d'informations utiles, qui lui montre le métier. Pendant son premier service, elle apprend de la femme qu'une de leurs patientes, la signora Jessel, une ancienne enseignante de danse désormais dans le coma depuis des années et constamment branchée à un respirateur, cache un trésor dans sa maison décrépite. À la fin de son service, Lucy se confie à son petit ami et, avec un autre ami, ils décident de s'introduire dans la maison à la recherche du trésor. Inutile de dire qu'ils ne trouveront pas un environnement accueillant et que, en réalité, la signora Jessel a beaucoup de squelettes dans le placard.
Souvent, la danse a été un moyen efficace de raconter des histoires effrayantes au cinéma. Peut-être que voir des jeunes filles vêtues de blanc se déplacer doucement et savoir que peu à peu leurs vêtements blancs seront tachés de rouge est un choix stylistique que les amateurs du genre trouvent gagnant. Qui ne se souvient pas du mythique "Suspiria", histoire de sorcières et de chaussons de gesso ? Ou du récent
psycho-thriller "Le Cygne Noir", qui se débat entre des personnalités multiples et des spectacles théâtraux ?
Ce "Livide", horreur d'outre-Manche réalisée par un duo prometteur Alexandre Bustillo et Julien Maury, qui avait déjà surpris (et choqué) la France avec le bon "À l'intérieur", survival horror hyper-violent avec une forte cruauté envers les femmes enceintes. Abandonnant (presque) complètement la violence ultra-gratuite qui caractérisait le premier travail du duo français, ici, on entre dans une dimension magique, très horreur, caractérisée par de nombreux éléments qui se connectent aux peurs les plus classiques : la forêt de nuit, une vieille demeure délabrée où séjourne une vieille femme handicapée, des jeunes qui la nuit s'immiscent dans des affaires qui ne les regardent pas. Et puis il y a elle, la Signora Jessel, un monstre abominable qui nous montre que les créatures de la nuit ne sont plus seulement une mode pour les adolescents amoureux mais savent encore faire peur.
À propos de faire peur, disons que "Livide", par moments, fait peur. Il y a des frayeurs bien placées,
certaines téléphonées quelques minutes plus tôt, d'autres inattendues mais ce sont les situations de conte de fées qui se produisent à l'intérieur de la maison, surtout celles liées aux flashbacks et à la danse, qui remportent le trophée. À propos de danse, c'est un élément fondamental dans le film, qui, même s'il n'est pas beaucoup approfondi comme sujet, est utilisé principalement comme prétexte pour rendre hommage à "Suspiria". En effet, "Livide" suinte Argento plus d'une fois.
Après avoir dit de belles choses sur l'ambiance, la suggestion qui imprègne le film tout au long et la qualité de la créature antagoniste, hélas, nous devons aussi dire beaucoup de choses sur les côtés qui ne convainquent pas. Comme pour leur premier film, l'intrigue n'est pas le point fort des réalisateurs. Il n'y a pas vraiment d'histoire à la base du film, le scénario est pratiquement absent. L'ultime partie est tellement décousue qu'elle est difficile à comprendre. Les réalisateurs ont la volonté de surprendre le spectateur à tout prix et ils y parviennent parce qu'ils ont du talent pour mettre en avant les horreurs mais si initialement on reste fasciné devant des scènes importantes, bientôt on commence à bâiller.
Dommage parce qu'il y a aussi des arguments profonds comme la transmigration de l'âme, le côté sombre en nous, le thème du double mais ce ne sont que des feuilles sur un arbre mort qui, tôt ou tard, sont destinées à se détacher et à mourir.
Alexandre Bustillo et Julien Maury sont doués et devraient se concentrer sur des scénarios non écrits par eux. Le remake de Hellraiser leur était passé sous le nez, mais il n'est pas resté. Avec leur volonté de surprendre et une histoire puissante et visionnaire comme celle du chef-d'œuvre de Barker (qui, d'ailleurs, ne nécessitait pas de remake) entre leurs mains, ils auraient pu faire un grand film.
En résumé, "Livide", on pourrait le comparer à un majestueux château de cartes. Une structure sans squelette porteur, aussi belle à regarder, mais à la fin, il tombe déjà.
Il mérite une demie citrouille de plus.
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