À la suite d'un effroyable accident d'avion, une jeune thérapeute, Claire Summers, est chargée d'aider psychologiquement les survivants. Les difficultés qu'éprouve la jeune femme à remplir sa tâche sont encore plus grandes avec Eric, un passager qui refuse son aide et profite de la situation pour chercher à la séduire. Alors que Claire tente de maintenir une distance professionnelle avec Eric, ses autres patients s'efforcent de rassembler leurs souvenirs de la catastrophe, qui ne correspondent pas à la version officielle de la compagnie aérienne. Après avoir évoqué une mystérieuse explosion, les passagers disparaissent un à un, et Claire soupçonne la compagnie d'en être responsable. Résolue à percer le mystère, Claire mène son enquête sur ce qui ressemble de plus en plus à une conspiration, tout en essayant de comprendre qui est vraiment Eric...
Après un mystérieux accident d'avion, les quelques survivants sont confiés aux soins psychologiques de la jeune Claire Summers. Mais les séances de groupe se déroulent entre de nombreuses difficultés et les contradictions des patients qui poussent Claire à penser qu'une stratégie de couverture sur les causes du désastre est en place de la part de la compagnie aérienne. Parmi les divers patients, celui qui attire le plus l'attention de la psychiatre est Eric, un garçon introverti qui refuse de participer aux réunions et avec lequel elle établit un fort lien sentimental. Les patients de Claire commencent cependant mystérieusement à disparaître et la jeune fille décide d'enquêter à fond sur l'affaire.
Il n'y a rien de pire dans un film qui se construit sur le coup de scène final que la prévisibilité. "Passengers – Mystère à Haute Altitude" est le classique mystère créé directement en partant de la fin, un peu comme on le fait avec certains gialli où l'on pense d'abord au coupable et à son mobile, puis on remonte pour tisser une histoire et une enquête autour. Mais le point d'arrivée de "Passengers" est un peu le point de départ du spectateur standard qui a derrière lui un bagage cinématographique assez substantiel et qui s'apprête à regarder un film de ce genre avec un minimum de connaissance de cause. Le réalisateur Rodrigo Garcia et le scénariste Ronnie Christensen manquent donc leur cible de plusieurs mètres, mais l'échec d'un thriller comme "Passengers" n'est pas uniquement attribuable au grave défaut de la prévisibilité, mais réunit en lui une multitude d'autres défauts macroscopiques.
Commençons par dire que le film a des rythmes complètement décalés. L'histoire met beaucoup trop de temps à commencer, au point que pendant environ cinquante minutes, il est même difficile de tracer un fil narratif, mais on procède selon le critère de l'accumulation de petits événements redondants et souvent sans importance pour l'économie de la narration. À partir de ce moment, le film décide timidement de se dévoiler, mais avec la perplexité du public qui était venu voir "Mystère à Haute Altitude", "Passengers" se révèle être une petite histoire romantique peu impliquante entre médecin et patient, avec tous les attributs qui découlent du traumatisme de lui et les tourments sur la déontologie professionnelle d'elle. Lorsque c'est déjà trop tard, on a largement compris que "le cœur ne se commande pas" et que le film est sur le point d'atteindre les 90 minutes, on se souvient qu'il y a une pelote liée à un "mystère" à démêler, et voici alors que, de manière trop expéditive et improbable, on change de registre en collant à tout cela une fin préconçue qui, à certaines occasions, entre même en conflit avec la "logique". Donc le rythme alterné se fait sentir beaucoup trop et surtout l'hésitation avec laquelle on arrive au cœur de l'histoire fournit une sensation de "bouillon allongé" assez ennuyeuse.
Les petites parenthèses investigatives sont toutes extrêmement molles et peu impliquantes, tout comme les éléments de complot semblent tous forcés et peu crédibles. C'est dommage, ensuite, que le réalisateur ait complètement négligé le pathos qui, dans un film à l'âme thriller, est quand même indispensable, même pour maintenir l'intérêt du spectateur ("Passengers" en particulier en aurait eu besoin), en insérant de manière presque ridicule quelques "bus" avec l'intention de faire sursauter le spectateur de son siège de manière immotivée.
Le casting de premier ordre semble complètement gaspillé dans un film oubliable comme celui-ci. Dans les rôles principaux, on trouve Anne Hathaway ("Le diable s'habille en Prada"; "Bride Wars") et Patrick Wilson ("Hard Candy"; "Watchmen"), zélé mais visiblement peu convaincu la première et complètement perdu le second; tandis que dans des rôles secondaires apparaissent David Morse ("La ligne verte"; "Disturbia"), Andre Braugher ("The Mist"; "Live!"), la peu utilisée Clea Duvall ("The Grudge"; "Zodiac") et Dianne Wiest ("Les enfants perdus"; "Mon nom est Sam").
La réalisation du télévisuel Rodrigo Garcia (beaucoup de travail dans "Carnivale" et "Six Feet Under") est froide et distanciée, tout comme le spectateur impliqué dans la vision de ce film.
En conclusion, "Passengers" est un film raté dès le départ, incapable de capturer l'attention du spectateur, hautement prévisible et même superficiel dans le traitement des thèmes qu'il aborde. Il n'est pas exclu que quelqu'un d'humeur romantique new age puisse apprécier, mais le souvenir qu'il peut laisser dans la mémoire est subtil comme le fil de la toile d'une araignée.
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