Alors qu’ils s’en vont en voiture vers la clinique dans laquelle ils travaillent, Alex et Kim passent près de percuter une jeune fille qui semble s’être égarée. Étant sous le choc, la jeune fille est amenée à la clinique par le couple qui décide de vérifier si elle n’a rien. Ils apprennent alors qu’elle est enceinte d’un démon et qu’elle veut avorter.
Le Dr Alex O'Shea et son assistante Kim renversent accidentellement Angelique avec leur voiture et l'emmènent dans la clinique d'avortement où ils travaillent pour s'assurer qu'elle n'a rien. Mais Angelique se rendait justement à la clinique dans l'intention de se débarrasser du fœtus né à la suite d'une mystérieuse agression sexuelle subie seulement quelques jours plus tôt. La jeune fille dit avoir été violée par le diable et en effet, la vitesse avec laquelle la grossesse progresse est incroyable. Pendant ce temps, le père d'Angelique, accompagné des trois autres enfants, attaque la clinique pour récupérer sa fille. M. Burcell est en effet très dévot et fermement opposé à l'avortement. De plus, l'homme dit avoir été chargé par la voix même de Dieu de faire tout ce qui est nécessaire pour que la grossesse de la jeune fille arrive à terme.
"Masters of Horror" est un projet singulier né de l'esprit de Mick Garris, un réalisateur connu dans le domaine de l'horreur notamment pour les adaptations des romans de Stephen King. Garris a eu l'idée de rassembler les réalisateurs les plus représentatifs de l'horreur cinématographique dans un projet destiné à la télévision par câble Showtime et à la vidéo à domicile, le résultat est "Masters of Horror", une série de 13 moyen-métrages de 60 minutes chacun, chacun réalisé par un grand nom du cinéma de genre ; chaque épisode a un budget de 1,8 million de dollars, le lieu fixe étant la ville canadienne de Vancouver et la plus grande liberté créative a été accordée à chaque réalisateur. Les noms impliqués dans la deuxième saison de ce projet sont : Tobe Hooper, Dario Argento, Stuart Gordon, Joe Dante, John Carpenter, John Landis, Ernest Dickerson, Brand Anderson, Tom Holland, Peter Medak, Rob Schmidt, Norio Tsuruta et Mick Garris lui-même.
Après l'excellente performance donnée lors de la première saison de "Masters of Horror" avec le magnifique "Cigarette Burns – Incubo Mortale", John Carpenter retente l'expérience et réalise un autre épisode de qualité. Avec "Pro Life – Il seme del male", nous ne sommes pas aux niveaux de qualité extrêmement élevés de l'épisode précédent, mais nous sommes néanmoins dans un territoire purement carpenterien, riche en atmosphères et en thèmes chers au réalisateur de "Halloween – La nuit des sorcières". Si "Incubo Mortale" recréait magnifiquement les atmosphères lugubres et surréalistes de "Le Seme de la folie", dans "Il seme del male" Carpenter tente à nouveau la carte de l'auto-citation en mélangeant les suggestions mystico-blasphématoires de "Le Seigneur du mal" avec la situation/action classique d'assaut dérivée de "Distretto 13: le brigate della morte" et régulièrement reprise dans de nombreuses autres œuvres célèbres du réalisateur.
Ce qui est le plus intéressant dans ce film est la volonté toujours présente chez Carpenter de parler à sa manière (anarchique et politiquement incorrecte) de thèmes d'une grande importance sociale ; cette fois, au-delà d'un scénario pas vraiment impeccable et souvent un peu trop "facile", le thème principal est l'avortement et la bataille idéologique qui divise depuis plus de 30 ans les pro-life (les opposants à l'avortement) et les pro-choice (les partisans). Carpenter choisit de raconter l'histoire avec un ton clairement "partisan", décrivant le représentant des pro-life comme un bigot religieux extrémiste qui n'hésite pas à tuer et torturer pour obéir à son idéologie (et ici une dure critique des diverses croyances religieuses avec une subtile reprise d'un christianisme "médiéval"). De l'autre côté, nous avons ceux qui pratiquent des avortements et travaillent dans la clinique, des personnages (presque) rationnels qui tentent de résoudre le problème d'un point de vue scientifique, malgré les signes évidents d'une intervention surnaturelle.
Malgré le fait que Carpenter soit un démocrate progressiste convaincu, de sa description, les personnages qui en résultent les plus fascinants et complexes sont justement la famille de républicains conservateurs qui "entendent la voix de Dieu", dirigée par un toujours charismatique Ron Perlman ("Hellboy", "Blade 2"), nouveau Abraham qui entraîne ses fils à mourir pour la satisfaction de la volonté divine. Les deux avorteurs, interprétés par Mark Feuerstein ("Regles d'honneur", "Abandon") et Emanuelle Vaugier ("Chasseurs de zombies" ; "Saw II"), sont en revanche peu approfondis et incapables de captiver le spectateur.
Comme c'est souvent le cas pour les épisodes de "Masters of Horror", la violence et le gore abondent, cette fois représentés par des têtes qui explosent, des parties repoussantes avec une abondance de liquides et un avortement douloureux pratiqué sur un homme (!!!). Les effets spéciaux réalisés par l'équipe de confiance de Berger et Nicotero sont bons, qui cette fois s'amusent à recréer "à l'ancienne" des démons cornus et des fœtus arachnoïdes effrayants qui rappellent beaucoup les créatures apparues dans "La Chose" (autre auto-citation).
En somme, "Il seme del male" est divertissant, rythmé et scabreux au bon degré, selon l'avis de l'auteur, l'épisode le meilleur de la deuxième saison de "Masters of Horror".
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