BABY BLUES
août 5, 2008
Les Williams sont les membres d’une famille pieuse du sud des Etats-Unis. Le couple, dont le mari est chauffeur de poids lourds, élève leurs quatre enfants dans une ferme assez isolée. Mais les choses sont difficiles depuis la naissance de la petite dernière, Mme Williams souffrant d’un post-partum blues à l’origine d’une grande tristesse. Alors que le père de famille quitte la maison pour une nouvelle livraison, Jimmy, l’aîné des enfants, lui livre ses inquiétudes quant à certains comportements de sa mère.
Réalisateurs
Distribution
Equipe
Production:
Zack Canepari (Producer) — Amardeep Kaleka (Producer)
Scenario:
Lars Jacobson (Writer)
Photographie:
Matthew MacCarthy (Director of Photography)
CRITIQUES (1)
Dans une ferme du profond sud des États-Unis, une jeune mère commence à manifester des symptômes dangereux de dépression post-partum quelques jours après la naissance de son quatrième enfant. Le premier à deviner les problèmes de la femme est James, son fils aîné. Une nuit, alors que le mari est absent pour le travail, la femme devient complètement folle et, après avoir tué le nouveau-né, se met à chasser les autres enfants.
En psychanalyse, le terme "baby blues" est utilisé pour indiquer le premier stade d'une forme dépressive qui se manifeste chez les nouvelles mères dans les jours suivants l'accouchement. Le baby blues est très fréquent (on parle de 50-80% des mères), a une durée transitoire de quelques jours et se manifeste par des symptômes simples qui comprennent la tristesse, l'anxiété et un humeur généralement instable. Une routine normale, en somme, qui dans certains cas peut se développer en dépression post-partum ou même en psychose post-partum, qui est une véritable pathologie.
Ironiquement, les réalisateurs Lars Jacobson et Amardeep Kaleka utilisent dans le titre de leur film précisément la forme la plus légère, commune, si l'on veut, presque normale des troubles post-partum pour mettre en scène une histoire terrible dans laquelle une mère élimine sadiquement sa propre progéniture.
Du point de vue psychiatrique, nous sommes plus proches de la Syndrome de Médée que du baby blues, avec la variante que la Syndrome de Médée - qui tire son nom de la tragédie d'Euripide - prévoit que la véritable cible de la mère assassine soit le père des enfants, puni par la mort de ses enfants. Ce qui, si l'on veut, pourrait aussi convenir dans le film de Jacobson et Kaleka, vu que le père de famille est décrit comme un homme absent, contraint de rester loin de la maison longtemps pour le travail, même derrière les demandes de proximité de sa femme et de ses enfants.
Peut-être que les références à la psychanalyse sont trompeuses pour un film comme "Baby Blues", clairement destiné au divertissement le plus viscéral. En substance, Jacobson et Kaleka ont construit un slasher, avec un boogeyman (en fait, une boogeywoman!) qui agit avec une arme blanche et des victimes sacrificielles qui jouent au chat et à la souris, sauf que le "monstre" est une jeune mère et les victimes ses enfants. Moralement parlant, les deux réalisateurs ont fait un film terrible capable de briser l'un des derniers tabous restants à Hollywood, mais en abordant le sujet sous un point de vue purement cinématographique, "Baby Blues" n'est pas seulement un coup de poing à l'estomac mais aussi un film captivant et au rythme serré. Le principal mérite de ce film ne réside pas tant dans le thème audacieux et courageux, que dans la gestion parfaite des rythmes narratifs qui montrent une incroyable familiarité avec les langages de l'horreur. Lars Jacobson (également scénariste) est un débutant absolu, tandis qu'Amardeep Kaleka avait réalisé quelques courts métrages, mais malgré l'inexpérience, les deux réalisateurs se montrent clairement capables de gérer un film qui mise autant sur les atrocités que sur la construction de la suspense.
De temps en temps, on remarque quelques incertitudes, surtout au niveau de l'écriture, où l'on peut percevoir la difficulté de concilier l'esprit camp de l'œuvre avec le thème délicat, avec le résultat que souvent et volontiers c'est le premier élément qui prévaut, comme pour l'utilisation de certaines phrases mises dans la bouche de la "killer mom" typiquement de films de genre de basse ligue. L'aspect général de l'œuvre tend cependant à camoufler sa nationalité américaine, apparaissant très influencé par la nouvelle vague européenne, en particulier française, à laquelle il est assimilable tant pour le thème dur abordé que pour le degré de violence brute dont le film est rempli.
Peu de minutes de préparation pour la présentation des personnages puis on plonge immédiatement dans le cauchemar. Quatre obstacles représentés par les quatre enfants (dont un nouveau-né) à surmonter pour se retrouver dans une sérénité utopique : c'est l'objectif de la jeune mère qui se voit soudain privée de ses rêves et de ses ambitions (elle est une présentatrice météo). Lorsque nous faisons la connaissance de la femme, elle est déjà plongée dans la folie, une Jack Torrace au féminin (et dans au moins une scène "Shining" est cité explicitement) qui a des délires mystiques et dont la folie est amplifiée par la chaleur estivale et les pleurs incessants de son enfant. Et les deux réalisateurs ne se font pas beaucoup de scrupules, montrant le massacre avec une rare cruauté où les enfants sont noyés, poignardés avec le manche d'un miroir, empalés avec des fourches, fusillés, poignardés, acceptés et même poursuivis avec la moissonneuse-batteuse. Peut-être que dans certains cas Jacobson et Kaleka sont aussi excessifs réussissant au moins une fois (la moissonneuse-batteuse susmentionnée) à rendre le film involontairement ridicule, mais à ce stade le spectateur est probablement assommé par l'histoire, au point de pouvoir probablement ignorer même les scènes les plus absurdes.
Presque surprenant est l'irresponsabilité de film de genre avec laquelle le duo parvient à gérer une histoire aussi sérieuse et tragique, on se sent presque coupables, complices de la mère, tandis que l'on regarde le film, comme si l'on avait honte d'admettre à soi-même que l'on s'amuse. Tout cela contribue cependant à démontrer le succès de l'œuvre.
Bon travail sur le casting avec une mère assassine adéquate interprétée par Colleen Porch de "Starship Troopers 2" et "Transformers" et le jeune Ridge Canipe de la série télévisée "Supernatural" pour lui donner du fil à retordre.
Aux États-Unis, "Baby Blues" est sorti en sourdine et de manière inattendue sans faire de scandale, mais avec des critiques plutôt froides. Dans le reste du monde, il est sorti directement en vidéo, restant encore inédit en Italie.
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