Depuis la mort de sa femme, Aidan Breslin, policier, n'est plus aussi proche qu'avant de ses deux jeunes fils, Alex et Sean. Il se trouve soudainement accaparé par une enquête sur des meurtres en série d'une perversité rare qui semblent liés à la prophétie biblique des cavaliers de l'Apocalypse. Le Cavalier blanc est un maître de la tromperie assoiffé de conquête. Le Cavalier rouge est un guerrier rusé, qui sait dresser les hommes les uns contre les autres. Le Cavalier noir est un tyran sombre et manipulateur qui a toujours un coup d'avance. Le Cavalier pâle est un bourreau d'une force surhumaine, déterminé à répandre la mort avec une précision chirurgicale...Plus l'enquête d'Aidan avance, plus il découvre, horrifié, qu'il semble avoir un lien avec les quatre suspects... Le jeu de piste ne fait que commencer. Quatre Cavaliers. Quatre victimes sans lien apparent entre elles. Quatre secrets...
Le détective Aidan Breslin, spécialisé en odontologie médico-légale, est appelé sur le lieu de la découverte d'un plateau contenant des dents humaines : aux quatre coins du site est écrite la phrase "Viens et vois". Bientôt, un cadavre apparaît également, une mère de famille retrouvée suspendue à des crochets dans sa propre maison et accompagnée elle aussi de la même phrase. Le détective découvre que "Viens et vois" est une phrase contenue dans le livre de la Révélation, faisant référence aux Quatre Cavaliers de l'Apocalypse. Mais les morts augmentent et un coupable insoupçonné s'apprête à contacter Breslin pour confesser son implication dans l'affaire.
Si un prix comme "Occasion manquée de l'année" existait, "The Horsemen" devrait absolument le gagner. Avoir entre les mains une histoire qui sait faire des stéréotypes du genre thriller son point fort n'est pas rien, mais tout gâcher avec une série d'erreurs impardonnables est assez grave.
"The Horsemen" (d'ailleurs, quel mauvais titre ! Une fois de plus, il aurait été judicieux d'en trouver un nouveau pour la distribution italienne...) n'est certainement pas ce qui peut être défini comme un produit innovant et original, bien au contraire, le jeune Dave Callahm ("Doom") écrit un scénario qui fait vraiment de son mieux pour embrasser tous les clichés possibles du thriller américain, passant avec un mépris nonchalant du prototype du
policier stakhanoviste qui néglige ses enfants et a un traumatisme derrière lui, à la symbolique religieuse pour un critère criminel, en passant par la mise en scène de tortures sadiques comme c'est tant à la mode ces derniers temps. Mais peut-on blâmer Callahm simplement parce qu'il est le dernier arrivé dans la rédaction d'un script qui à Hollywood maintenant est une habitude de se le passer comme on le ferait avec un joint ? Certainement pas, d'autant plus qu'au moins ici il y a le mérite de savoir réutiliser avec discernement ces clichés : la situation personnelle stéréotypée du détective a cette fois-ci son utilité dans l'évolution narrative, la symbolique des Quatre Cavaliers est utilisée de manière assez captivante, les tortures par "suspension" représentent l'élément nécessaire "cool" et dérangeant de l'histoire.
Malheureusement, le non-négligeable mérite de réussir à tirer du sang des raves est enfoui par une série de défauts macroscopiques vraiment difficiles à accepter et à comprendre. Tout d'abord, le scénario présente des trous pareils au Grand Canyon qui font naître le doute qu'un élément important ait été coupé pour la
version théâtrale, surtout en considérant le final absolument improbable et, à bien des égards, illogique pour une myriade de petits et grands détails. Le même final pèche par des pics excessifs de sentimentalisme déplacé qui feraient rougir même le plus fervent fan de Shirley Temple. Autre défaut non négligeable est l'absence totale de charisme qui caractérise tout personnage qui n'est pas le détective stéréotypé (mais nécessaire). Le collègue de Breslin, interprété par un Clifton Collins Jr. ("Dans l'esprit d'un tueur en série") coiffé comme un trafiquant mexicain, est déplacé dans chaque scène où il apparaît et n'a pratiquement pas de personnalité, tout comme l'inutile Eric Balfour ("Non ouvrez pas cette porte"; "The Spirit") dans le rôle du frère homophobe de l'un des Cavaliers, sans parler de Peter Stormare ("Bruiser"; "8mm: Crime à luci rosse") mis à interpréter un petit rôle probablement seulement parce qu'il passait un jour de là à saluer son ami Michael Bay (ici producteur avec sa Platinum Dunes). Même deux personnages clés comme ceux interprétés par le terne Patrick Fugit ("Saved!"; "Presque célèbres") et par la bonne Ziyi Zhang ("Mémoires d'une geisha") semblent peu crédibles et excessivement approximatifs.
L'idée d'utiliser le mythe des Quatre Cavaliers de l'Apocalypse en l'insérant dans la réalité actuelle du malaise juvénile techno-véhiculé est sans doute une bonne trouvaille, tout comme le travail de photographie (œuvre d'Eric Broms) qui tend à lier les lieux et les situations avec les couleurs qui appartiennent à la mythologie des Cavaliers. Il faut briser une lance en faveur également du toujours bon Dennis Quaid qui parvient en pratique à tenir le coup presque exclusivement sur ses propres épaules.
À la réalisation, le Suédois Jonas Akerlund, auteur loué de clips vidéo et du film scandale "Spun", qui dirige "The Horsemen" avec une élégance impeccable mais aussi avec tant d'anonymat qu'il peut être assimilé à de nombreux autres thrillers productivement importants apparus ces 15 dernières années à Hollywood et ses environs.
Tant, trop, de défauts dans un film qui aurait mérité plus d'attention surtout en phase de scénario (et de montage ?). Sans aucun doute regardable pour les irréductibles du thriller à fortes teintes, mais le marché offre également des œuvres de toute autre carrure, alors pourquoi courir après des choses comme "The Horsmen" ?
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