EVA
EVA
octobre 6, 2011
2041, les robots font partie du quotidien des humains. Ingénieur de génie, Alex est chargé de donner vie au premier robot libre: un enfant androïde. La nièce d'Alex, l'étonnante et fascinante Eva, va lui servir de modèle pour créer l'androïde parfait. Mais Eva cache un terrible secret aux conséquences terrifiantes...
Réalisateurs
Distribution
Daniel Brühl
Alex Garel
Marta Etura
Lana Levi
Alberto Ammann
David Garel
Claudia Vega
Eva
Anne Canovas
Julia
Lluís Homar
Max
Sara Rosa Losilla
Prototype 5.1.9
Manel Dueso
Professor
Ona Casamiquela
Dorotea
Peter Vives
Eric
Jordi Díaz
Doctor
Oscar Valsecchi
Waiter
Bernat Saumell
Lab Student #1
Juan Campavadal
Lab Student #2
Harris Gordon
Policeman
Ignasi Martín
Niño 5.1.9
Equipe
Production:
Sergi Casamitjana (Executive Producer) — Lita Roig (Executive Producer)
Scenario:
Martí Roca (Writer) — Sergi Belbel (Writer) — Aintza Serra (Writer) — Cristina Clemente (Writer)
Musique:
Sacha Galperine (Original Music Composer) — Evgueni Galperine (Original Music Composer)
Photographie:
Arnau Valls Colomer (Director of Photography)
CRITIQUES (1)
Dans un futur pas trop éloigné, la recherche en robotique se concentre sur la conception d'exemplaires reproduisant en tout point les traits humains. L'ingénieur cybernétique Alex Garel, récemment retourné dans la maison paternelle à Santa Irene, dont il était absent depuis plus de dix ans, soutient la possibilité qu'un robot puisse développer des souvenirs et peut-être une âme, et recherche un enfant qui puisse servir de modèle pour son prototype de robot commandé par une société de robotique. Alex ne parvient cependant pas à trouver l'enfant idéal car ceux qui lui sont proposés, selon lui, sont ennuyeux. Un jour, Alex rencontre Eva, une fillette particulièrement curieuse et extravertie, devant une école primaire, et décide qu'elle sera le modèle pour son robot. Mais bientôt, Alex découvre qu'Eva est sa nièce, la fille de la femme dont il était amoureux à l'université et qui a finalement épousé son frère.
L'Espagne a fait des pas de géant ces dernières années, cinématographiquement parlant. Malgré une situation économique qui reflète une crise dans le pays de la movida, l'industrie cinématographique est en pleine effervescence productive avec une consolidation du système des genres capable de rivaliser avec Hollywood et de surpasser qualitativement le produit américain avec une facilité déconcertante.
"Eva" représente l'incursion ibérique dans le filon robotique de la science-fiction, ainsi que le début du long métrage du réalisateur Kike Maillo. Un filon qui a des parents illustres dans la cinématographie américaine du passé plus ou moins récent, mais rares pierres de comparaison dans la tradition cinématographique espagnole et peut-être aussi européenne.
Avec plus d'une ressemblance avec "A.I. - Intelligence Artificielle" de Steven Spielberg, dont il emprunte l'idée de la centralité du robot enfant et de la recherche d'humanité même dans un être cybernétique, "Eva" parvient néanmoins à développer un discours très personnel et profond qui place les relations humaines au cœur de l'histoire. L'histoire d'Alex Garel, interprété par un excellent Daniel Brühl ("Inglourious Basterds"; "Intruders"), ingénieur blessé par les renonciations et peut-être par les mauvais choix faits dans le passé, est bien articulée et touchante dans ses développements. En plaçant Alex comme protagoniste plutôt que sa créature/création, on parvient à donner un point de vue inédit sur l'histoire, différenciant ainsi "Eva" des films similaires qui racontent des robots et des sentiments. Alex Garel est une sorte de Frankenstein moderne, obsédé par la recherche de la perfection et par la création d'un être qui représente un idéal qui lui est lointain. Évidemment, comme cela arrive souvent lorsque l'on joue à se substituer à Dieu, cela comporte des conséquences qui prennent des connotations tragiques qui dans "Eva" se traduisent par une seconde partie qui prend des teintes de mélodrame. Le changement de ton dans le film de Maillo est plutôt inattendu et, bien qu'il représente une évolution parfaite de l'histoire, il peut déstabiliser le spectateur à première vue. Les rebondissements ne sont pas réellement tels, mais les intrigues, les renonciations, les pertes et les choix représentent un exemple de narration émotionnelle excellente. Le scénario de Sergi Balbel se structure classiquement en trois actes, chacun d'eux assez reconnaissable dans le parcours que le protagoniste accomplit dans l'histoire, mais l'utilisation intelligente des sentiments et la construction excellente des personnages, pas seulement principaux, font de "Eva" un joyau d'écriture et de mise en scène.
Très bonne idée de ne pas se laisser aller au stéréotype de science-fiction de lieux et de temps futuristes. Il n'y a pas de localisation temporelle précise dans laquelle le film est situé, le spectateur suppose un futur pas trop éloigné, vu le sujet traité, mais nous n'avons aucune datation. Les hommes coexistent avec les robots, les utilisant comme animaux domestiques ou collaborateurs aux tâches quotidiennes, et une loi régit leur coexistence avec les humains, mais l'histoire de "Eva" s'inscrit dans un scénario tout à fait similaire à notre présent, sans aucun excès technologique qui caractérise son progrès, à l'exception des robots, naturellement. Pas de machines volantes, de vêtements excentriques et d'architecture exagérément verticale,
mais plutôt le lieu où se déroule le film est un village de province tout à fait normal, entouré de campagne et touché par la neige. Un lieu hors du temps qui fait un effet étrange ainsi, lié à une histoire de science-fiction, excellent expédient oxymorique qui parvient à distinguer ce film de ses épigones et avant-signes.
La recherche d'une âme même là où elle ne pourrait/pourrait pas exister est un peu le leitmotiv du film. Garel est convaincu qu'un organisme cybernétique est capable de développer et de conserver des souvenirs, et le cerveau holographique de ses créatures, composé de manière suggestive de synapses qui, comme des coffres, contiennent des éclats de vie du robot, en est la démonstration visuelle. Évidemment, celle de Garel n'est pas une certitude mais une recherche de la vérité, une mise à l'épreuve continue qui puisse réfuter sa thèse. Que voit un robot quand il ferme les yeux ? S'ouvre-t-il un monde fait de souvenirs comme cela arrive à l'homme ? Autour de cette question se construit la recherche obsessionnelle de Garel, qui trouvera peut-être une réponse dans l'image suggestive qui clôt le film.
Dans le casting de "Eva", outre le déjà mentionné Daniel Brühl,
il y a la belle et talentueuse Marta Etura, déjà vue récemment dans d'autres chefs-d'œuvre ibériques "Cellule 211" et "Bed Time", et bien sûr la très jeune Claudia Vega, qui donne visage à la charismatique Eva, muse inspiratrice du nouveau Frankenstein dans l'entreprise de créer un robot plus humain que les humains.
"Eva" est donc un beau voyage, en partie introspectif et en partie tout à fait matériel, dans le monde inexploré de la science-fiction espagnole, un excellent exemple de la manière dont on peut raconter une belle histoire sans se laisser aller à des effets spéciaux spectaculaires et à des intrigues excessivement compliquées, mais en s'appuyant simplement sur les émotions.
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