Le Verdict
Henry et Trish doivent se marier et veulent célébrer la cérémonie à Harper’s Island, le lieu de naissance de Henry. Parmi les invités au mariage se trouve Abby, une vieille amie de l’époux et désormais écrivaine installée à Los Angeles.
Henry et Trish doivent se marier et veulent célébrer la cérémonie à Harper’s Island, le lieu de naissance de Henry. Parmi les invités au mariage se trouve Abby, une vieille amie de l’époux et désormais écrivaine installée à Los Angeles. Dans le passé récent de l’île, il y a une blessure toujours douloureuse, car seulement sept ans auparavant, un tueur en série nommé John Wakefield a tué certains habitants de Harper’s Island, y compris la mère d’Abby, avant d’être arrêté et tué par le shérif, le père d’Abby. Quelques jours avant la cérémonie, cependant, les invités du mariage commencent à disparaître sous les coups d’un assassin mystérieux. Qui veut imiter Wakefield ? Et pourquoi ?
En 2004, le roi Midas télévisuel (mais désormais aussi cinématographique) J.J. Abrams a lancé un produit destiné à changer les fortunes de la série télévisée, naturellement je parle de "Lost", une série à grand succès qui a bouleversé les règles du récit de fiction télévisuelle et dicté un nouveau trend de production/idéation que l’on sent encore aujourd’hui. Des conséquences qui prennent forme à travers un nombre et une variété impressionnants de séries télévisées, souvent réellement intentionnées à expérimenter. En est un exemple "Harper’s Island", une série autoconclusive composée d’une unique saison de 13 épisodes.
"Harper’s Island" est né dans la saison 2008/2009 de l’émetteur américain CBS et est issu de l’esprit d’Ari Schlossberg, scénariste, entre autres, du thriller avec Robert De Niro "Caché dans l’obscurité". Lancé avec une campagne médiatique intelligente qui a misé sur le bodycount et le mystère derrière l’identité de l’assassin, "Harper’s Island" a également bénéficié d’une mini-série parallèle sur le web, "Harper’s Globe", qui avait pour fonction d’approfondir certaines intrigues liées aux contours de l’histoire et tournées en style amateur pour créer une aura de réalisme.
On parlait d’expérimentation ; "Harper’s Island" en réalité ne présente rien d’original, c’est un slasher comme il en existe beaucoup, fusionnant la mécanique christiennienne de "Dix petits nègres" à la narration plus moderne des slasher horrifiques contemporains. Cependant, nous ne devons pas oublier que "Harper’s Island" est une série télévisée, un feuilleton pour être exact (continuité narrative d’un épisode à l’autre qui crée une grande histoire unique), de plus autoconclusive, comme s’il s’agissait d’un film d’environ 12 heures. En ces termes, le produit en question apparaît comme quelque chose de particulièrement inhabituel pour le paysage télévisuel, probablement conçu avec l’objectif d’attirer un public différent au langage des séries télévisées, un public spécifique qui fréquente peu la télévision et est lié aux rebondissements et à la violence du cinéma thriller/horror américain moderne. En tout cas, Schlossberg et ses collaborateurs ont été très habiles, ainsi que courageux, en s’approchant du "genre" de manière à la fois classique et innovante.
Naturellement, maintenir le jeu mystère pendant 13 épisodes sans aucune chute de ton est une chose ardue et l’équipe créative derrière "Harper’s Island" n’a pas réussi à faire des miracles. La voie suivie par les scénaristes, dans ce cas, a été de construire une crescendo narrative qui prend vraiment son élan à mi-saison ; ainsi, on risque de ne pas capturer les spectateurs dès le début, récompensant simplement les plus patients. Les premiers épisodes, en effet, (disons la première moitié de la série) sont un peu faibles, l’histoire met trop de temps à entrer dans le vif du sujet et le clou de chaque épisode est la mort d’un personnage, qui représente généralement la conclusion. Évidemment, les premiers épisodes, en revanche, sont utilisés pour décrire les caractéristiques des personnages et pour introduire les sous-intrigues, bien qu’il faille admettre que la plupart des personnages ne peuvent pas être considérés comme vraiment réussis. Si l’on exclut, en effet, les véritables protagonistes de la série, plus quelques exceptions (le couple formé par le jeune médecin anglais et la blonde écervelée, le rustre insulaire Shane et le shérif Mills), la plupart du "peuple" de "Harper’s Island" est formé de personnages peu charismatiques, parfois extrêmement superficiels bien que "durables" et pour la plupart insérés dans l’intrigue seulement pour faire nombre. Parfois, on se retrouve avec des personnages qui, bien que suffisamment caractérisés, semblent extrêmement banals et avec un inconfondible halo de déjà-vu, à commencer par le frère dépressif et dark et la petite fille qui veulent nous faire passer pour inquiétante.
Arrivés cependant autour du 6/7 épisode, lorsque les caractérisations, pour le meilleur ou pour le pire, sont désormais au grand jour, on commence à se consacrer à l’intrigue, de plus en plus compliquée et captivante, faite de révélations et de coups de scène (certains même anticipés par des fausses pistes "correctes", il faut le dire). La conclusion et la résolution du mystère, bien qu’elle ne soit pas originale ni particulièrement "intelligente", est plutôt bien conçue et parvient à remédier même à ceux qui de temps en temps pouvaient être identifiés comme des trous de scénario.
Il faut ajouter que, bien qu’il s’agisse d’un produit télévisuel, il y a toujours un soin particulier pour l’aspect visuel (photographie et décors en premier lieu) et aussi une dose de gore non indifférente apportée par des meurtres souvent fantaisistes et parfois aussi truculents qui rapprochent "Harper’s Island" de l’univers horrifique tout court.
En somme, "Harper’s Island" est une série télévisée à laquelle il vaut la peine de s’approcher surtout si l’on est passionné de thriller/horror-slasher, les défauts sont souvent macroscopiques et résident justement là où se situe l’abc de la fiction télévisuelle, mais la singularité de ce produit en fait quand même un objet à visionner à priori, une expérience qui n’aura peut-être même pas un véritable suivi dans le langage télévisuel (les audiences en Amérique – mais aussi en Italie – n’en ont pas décrété le succès) et pour cela aussi plus précieux.
Destin probable de culte et réévaluation rétroactive.
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