Le Verdict
Lors d'une séance de spiritisme dans le château de la famille Caroli, une médium (Elisa Mainardi) évoque par erreur l'esprit de Lucrezia, une femme malveillante et dissolue. Lucrezia s'incarne dans le corps de Bimba (Katell Laennec), la fille adolescente d'Andrea Caroli (Enzo Fisichella), aussi la jeune commence à se comporter étrangement et cherche à séduire les différents membres de sa famille.
Lors d'une séance de spiritisme dans le château de la famille Caroli, une médium (Elisa Mainardi) évoque par erreur l'esprit de Lucrezia, une femme malveillante et dissolue. Lucrezia s'incarne dans le corps de Bimba (Katell Laennec), la fille adolescente d'Andrea Caroli (Enzo Fisichella), aussi la jeune commence à se comporter étrangement et cherche à séduire les différents membres de sa famille. Sur Bimba veille Suor Sofia (Mariangela Giordano), la religieuse qui fait office d'infirmière pour Adolfo, le frère paralytique d'Andrea. En arrière-plan, les petites mesquineries des Caroli, qui impliquent également la mère cynique des deux frères (Pupita Lea) et Nais (Patrizia Webley), la belle épouse d'Adolfo. Un film signé Andrea Bianchi, auteur d'autres crimes contre l'art cinématographique comme "Massacre" et "Les Nuits de la Terreur" (ainsi que quelques films pornographiques dont se distingue "Morbosamente Vostra", le début dans le hard de Karin Schubert). Il n'est pas clair quel type de film Bianchi (ou plutôt Andrew White, comme il se signe fantaisistement) voulait réaliser ; mais du point de vue du cinéma d'horreur, "Malabimba" est un véritable crescendo rossinien de bêtises. Vraiment hilarante la séance de spiritisme du début, où un fantôme se met à faire des blagues cochonnes en palpant les bijoux de famille d'Andrea et en faisant voler la chemise de Nais, la laissant sein au vent (un sein de dimensions plutôt impressionnantes d'ailleurs). La possession manquée de Suor Sofia n'est pas en reste, qui en collants blancs érotisants se touche furieusement tandis qu'elle est possédée par l'esprit malin, mais parvient à le chasser en faisant appel à la foi et en formant une croix avec ses bras. Bimba qui moleste sexuellement son ours en peluche est impayable, et encore plus extraordinaire la manière dont elle tue le vieux oncle paralytique : une forme d'euthanasie originalissime, à voir pour le croire. Le film offre également un exorcisme lesbien involontaire et se termine en beauté avec une fin qui rend hommage (ou plutôt outrage) "L'Exorciste" de Friedkin. Ce film existe en plusieurs versions, une soft et une avec des inserts hardcore, de manière à élargir le bassin d'utilisateurs en incluant également le public abondant des onanistes. Ces séquences supplémentaires ont été tournées par de vrais interprètes de films érotiques et, par le montage, ont été harmonisées avec les parties jouées par les acteurs eux-mêmes. Dans le rôle de cascadeuse pornographique féminine, il semble que la célèbre Marina Lothar ait été utilisée, l'équipement masculin a été mis à disposition par quelqu'un dont on ignore l'identité, mais vu les modestes dimensions, on peut sûrement exclure John Holmes (espérons qu'un jour un historien de l'hard éclaire cet énigme passionnant). Du point de vue de la réalisation, on peut supposer quelques ambitions de la part de Bianchi, vu l'utilisation de grands angles, de subjectives ou de mouvements de caméra bizarres, comme dans la séquence de la séance de spiritisme, où à un moment la caméra tourne comme folle, dans une vaine tentative de créer un certain effet. Ces virtuosismes pathétiques ne peuvent que laisser encore plus stupéfait le pauvre spectateur et ne sont que la cerise sur le gâteau d'un film que qualifier de "lyrique" est un euphémisme. Amateurs de trash, amateurs du laid, exégètes de la boucherie, c'est à vous que nous nous adressons. Préparez-vous à ériger un autel : "Malabimba" deviendra votre croyance, et vous, ses prophètes !
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