Le Verdict
Deux jeunes gens, probablement amoureux, jouent à cache-cache. Un gangster s'apprête à commettre un crime.
Deux jeunes gens, probablement amoureux, jouent à cache-cache. Un gangster s'apprête à commettre un crime. Un homme rustre et corpulent libère sa rage et sa virilité sur une poupée gonflable. Trois histoires bien distinctes liées uniquement par le lieu où elles se déroulent : un tunnel sombre et surréaliste. "Tunnel" est un court-métrage produit par le Laboratoire de Cinéma de l'Université de Tor Vergata et réalisé par Roberto Palma. Nous ne sommes pas en présence d'un court-métrage purement horrifique car toute facette qui aurait pu être pertinente pour le genre est omise ou traitée avec une extrême superficialité. "Tunnel" est plutôt une œuvre qui cherche à jouer sur les atmosphères, les décors et les personnalités bizarres et hautement oniriques des personnages qui agissent durant la brève durée du court-métrage. "Tunnel" veut être quelque chose de plus qu'un "simple" horreur, un produit capable de laisser le spectateur stupéfait ou de le faire réfléchir en abordant des thèmes délicats recouverts d'une fine couche de psychologie et de philosophie. Le véritable protagoniste de l'histoire n'est pas seulement le Tunnel (qui donne son titre au film) mais bien la monstruosité et la perversion qui frappent et habitent l'esprit et l'âme humaine, capables de créer des "monstres" réels et non les classiques (mais toujours appréciés) monstres imaginaires typiques du genre horrifique. Les idées et intentions plutôt prétentieuses et sophistiquées, à la base de "Tunnel", n'auraient pu donner lieu à quelque chose de suffisant que si elles avaient été traitées avec professionnalisme et engagement. Roberto Palma veut faire un pas plus long que sa jambe en allant au-delà de ses capacités, et le résultat final est comparable à un mélange sans queue ni tête, un enchevêtrement d'histoires stupides et superficielles agrémentées de personnages tout à fait anonymes. Dans "Tunnel", la confusion règne, non pas parce que le sujet est mauvais mais parce qu'il est mal présenté, car le sujet sur lequel naît ce court-métrage est totalement abstrait, voire absent. Nous avons affaire à un produit sans histoire, qui tourne en rond et qui cherche à se compliquer et à devenir hermétique inutilement, seulement pour se parer d'un ton excessivement prétentieux et sérieux, au point de devenir même antipathique et ennuyeux. La réalisation de Roberto Palma est extrêmement minimaliste, au point d'être élémentaire, de plus, il y a un manque total de technique sur toute l'œuvre (même en tenant compte du fait qu'il s'agit d'un court-métrage réalisé avec un budget dérisoire) ; les interprétations atteignent à peine la suffisance. En conclusion, "Tunnel" est un court-métrage sans histoire et horriblement prétentieux, irritant et réalisé de manière trop amateur. Dans le paysage italien dédié aux courts-métrages indépendants, il existe des produits bien plus valables.
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