Terry Hawkins sort de prison après y avoir passé quelques mois pour de petits délits liés à la drogue. Une fois libre, il décide de gagner un peu d'argent en tournant des films pornographiques, mais lorsque ses collaborateurs tentent de l'exclure du projet, l'idée initiale se transforme en quelque chose de très différent. Pour se venger, en effet, le jeune réalisateur torture ses ennemis jusqu'à les tuer de la manière la plus cruelle, filmant le tout dans le but de réaliser des snuff movies.
Tourné au début des années 1970 mais sorti seulement quelques années plus tard, "The Last House on Dead End Street" est l'un des premiers - sinon le premier - films à aborder le thème des snuff movies. Roger Watkins, caché derrière le pseudonyme de Victor Janos, donne naissance à une œuvre simplement folle et délirante, devenue un véritable culte dans le paysage horror underground grâce aux nombreuses rumeurs qui se sont répandues au fil des ans : l'indisponibilité du film a renforcé l'idée que les violences perpétrées étaient réelles et non le fruit de la fiction. La sortie du DVD en 2000 a définitivement dissipé tout doute, mais l'aura de mystère est restée, contribuant à accroître la renommée de cette malsaine perle, surtout dans les années 1980.
Watkins a réalisé le film dans un état mental altéré par la drogue, qu'il s'est procurée en utilisant une grande partie du (ridicule) budget : des 3000 dollars disponibles, seulement 800 ont été effectivement investis dans la production du film. Il n'est donc pas surprenant d'avoir l'impression d'assister à un voyage hallucinant, pervers et acide ; la parfaite transposition à l'écran d'un état psychique perturbé et totalement déconnecté de la réalité. Le montage original a subi des coupures de 30 minutes, ainsi que diverses modifications, bien perceptibles lors de la vision.
L'intrigue, qui pourrait rappeler celle de "The Life And Death Of A Porno Gang" (M. Djordjevic, 2009), n'est qu'un prétexte pour peindre avec une cruauté déconcertante le portrait d'une société riche mais terriblement ennuyée, qui compense son mal de vivre en participant à des "excitants" festins de tortures et d'humiliations. En contrepartie, il y a le besoin économique qui pousse un jeune réalisateur - pas vraiment sain d'esprit - à commettre n'importe quelle atrocité pour en tirer un profit.
Le film se déroule presque entièrement à l'intérieur d'un bâtiment de New York. Le scénario, fragmenté et décousu, est mal soutenu par une réalisation approximative et presque improvisée ; à cela s'ajoute la mauvaise performance des divers acteurs, confrontés à des répliques insignifiantes et des rires délirants et incontrôlables.
Malgré la désastreuse partie technique, le film est loin de finir dans l'oubli. À une première partie plutôt déroutante et confuse, qui a plus que tout autre fonction d'introduire et de préparer le spectateur au massacre final, succède une conclusion bestiale et sanglante. En effet, la folie du protagoniste et de sa bande prend corps dans les segments finaux, dans une atmosphère très malsaine et surréaliste où lumières, masques et un décor désolé servent de toile de fond à ce qui semble être le théâtre des horreurs : démembrements, mutilations et abus sexuels se succèdent de manière brutale, sans sacrifier aucun détail macabre à l'œil de la caméra. Pour compléter ce tableau inquiétant, une mélodie hypnotique accompagne les séquences les plus choquantes ("Ce n'est qu'un film ! C'est qu'un film !"), renforçant ce climat de totale aliénation qui se ressent de la première à la dernière seconde.
Très en avance sur son temps, "The Last House on Dead End Street" choque non tant par la violence visuelle - bien mise en scène grâce à une dose suffisante de gore artisanal - mais surtout par l'idée innovante sur laquelle elle repose, en relation avec un contexte cinématographique encore fertile, qui commençait justement à cette époque à ouvrir la voie à des thèmes brûlants et controversés.
Si d'un côté le film peine, en raison d'une approche technique/stylistique très déficiente, de l'autre il se distingue par les intuitions géniales du réalisateur et la spontanéité visionnaire avec laquelle certains contenus, très forts pour l'époque, sont représentés. Une vision intéressante et onirique à redécouvrir ; une étape obligatoire et fondamentale pour tout amateur d'exploitation.
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