Dans la petite ville de Glen Echo, un dangereux émule de Freddy Kruger, Jason Voorhes et Michael Myers s’apprête à frapper. Pour que le monde entier comprenne ses motivations, il permet à une équipe d’étudiants en journalisme, mené par la sensible Taylor Gentrie (Angela Goethals), de suivre la préparation et l’Exécution de son plan démoniaque.
Une équipe télévisée est invitée par Leslie Vernon à le suivre dans la préparation de son prochain massacre aux dépens d'un groupe d'adolescents qui veulent passer une nuit folle dans sa maison natale. Leslie Vernon est, en effet, un nouveau tueur en série, une légende locale craint et alimentée par la superstition des habitants, pas très différente des divers Freddy Krueger et Jason Voorhees.
Le mockumentary est un sous-genre très exploré par l'horreur ces derniers années : "[Rec]", "Diary of the Dead", "Cloverfield", des films d'horreur très différents les uns des autres par leurs thèmes, mais similaires par la technique utilisée, à savoir tenter d'impliquer le spectateur avec une œuvre de fiction qui donne l'apparence de la réalité grâce à l'utilisation de prises de vue plus adaptées au genre documentaire. Le mockumentary est précisément cela, un faux documentaire. Mais avant que les infectés de "[Rec]" et les monstres marins de "Cloverfield" n'envahissent les salles du monde entier (avec un succès notable et mérité), le jeune réalisateur Scott Glosserman s'essayait à cette technique en s'inspirant de deux films fondamentaux : "Le Caméraman et l'Assassin" et "Scream". Du film belge de 1992, Glosserman emprunte l'idée de base qui fait l'objet de l'œuvre entière, à savoir le suivi quotidien d'un tueur en série (ou présumé tel) par une équipe télévisée, tandis que du film de Craven, il emprunte cet aspect métafilmique-dissacrateur qui est en réalité une déclaration d'amour au genre horrifique. Le réalisateur de "Behind the Mask" unit les deux sources non seulement au niveau des intentions, mais aussi au niveau narratif-figuratif, réalisant ainsi un film qui passe avec nonchalance du mockumentary au film de pure fiction d'un plan à l'autre, modifiant le point de vue et la résolution vidéo.
En réalité, "Behind the Mask" semble plus convaincant dans sa partie mockumentary que dans celle de fiction pour la simple raison qu'il y recueille l'originalité et la véritable raison d'être de l'opération. Lorsque l'équipe suit et interviewe le prétendu tueur, les clichés du film slasher sont mis en lumière grâce à une analyse minutieuse qui déconstruit, souvent scène par scène, ce genre de film, expliquant également certains de ses significations socio-psychologiques les plus renommées et le fait avec des dialogues intelligents et amusants ; remarquable à cet égard la théorie sur la valeur phallique des armes choisies par la victime désignée et sa renaissance de l'antre-utérus.
La partie fiction est nécessaire pour montrer, comme exercice pratique, précisément l'analyse fournie auparavant, mais en fin de compte, il s'agit de moments empruntés à n'importe quel slasher parmi ceux qui ont suivi le succès de "Scream" et qui montrent de jeunes gens en train de "se faire" et espionnés dans des attitudes intimes.
Disons plutôt que la force documentaire de "Behind the Mask" réside entièrement et exclusivement dans l'approche goliardique et amicale envers la matière traitée ; en effet, peu crédible semble la relation de confiance qui existe entre l'équipe et le tueur en série, tout comme il semble dès le début tout à fait incroyable la motivation qui pousse les journalistes à s'occuper de la "matière". Non sans raison, le film s'ouvre précisément avec la documentation minutieuse de la reporter sur les divers tueurs en série du calibre de Freddy Krueger, Michael Myers et Jason Voorhees, dont on nous parle comme s'il s'agissait de personnages réellement existants, avec une brève excursion géographique de Sprigwood, Haddonfield et Crystal Lake, de sorte que l'intention de fausseté documentaire est clairement établie dès le départ.
Le grave défaut de ce docu-slasher amusant et amusé est l'absence totale de violence gratuite qui caractérise généralement les films dont "Behind the Mask" se propose d'être l'explicateur. Tout est respecté avec ponctualité,
parfaitement la dose nécessaire de nudité, mais étrangement, le gore est absent : les meurtres (toutefois nombreux) ont toujours lieu hors champ et même les conséquences sanglantes ne sont pas montrées. Choix impopulaire et difficile à partager pour une opération de ce genre.
Dans la distribution, Nathan Baesel ("Invasion"; "C.S.I.") et Angela Goethals ("24"; "Présomption d'innocence") se distinguent particulièrement, l'un dans le rôle du sympathique psychopathe Leslie Vernon, doté d'une genèse de "monstre", d'un masque et d'un modus operandi, l'autre dans les vêtements de la journaliste sans scrupules Taylor. Petit rôle de type Dr. Loomis pour Robert Englund et caméos pour l'ancien Jason Voorhees Kane Hodder et la médium de "Poltergeist" Zelda Rubinstein.
En somme, "Behind the Mask" est une véritable thèse filmée sur le film slasher, un film souvent amusant et plutôt intelligent, non exempt de défauts mais méritant d'être vu.
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