CHAINED
octobre 2, 2012
Bob, tueur en série arpentant les rues de la ville, traque sa proie depuis son taxi, en compagnie de Tim, son protégé. Ce dernier, réticent, est face à un choix crucial : marcher dans les pas de son ravisseur, ou s'en émanciper...
Réalisateurs
Distribution
Vincent D'Onofrio
Bob
Eamon Farren
Older Rabbit
Evan Bird
Younger Rabbit
Julia Ormond
Sarah Fittler
Conor Leslie
Angie
Gina Philips
Marie Fittler
Jake Weber
Brad Fittler
Daniel Maslany
Young Bob
Michael Maslany
Young Brad
Alexander Doerksen
Colin
Troy Skog
Bob's Dad
Shannon Jardine
Bob's Mom
Benjamin DeWalt
Son
Lyndon Bray
Nasty Father
Kate Herriot
The Runner
Madison Dewalt
Co-Ed
Amy Matysio
Mary the Drunk Woman
Jodi Sadowsky
Bound Woman
Myeva Surjik
Prostitute
Jennifer Lynch
Cooking Show Host
Equipe
Production:
Rhonda Baker (Producer) — David Buelow (Producer) — Lee Nelson (Producer)
Scenario:
Jennifer Lynch (Screenplay)
Photographie:
Shane Daly (Director of Photography)
CRITIQUES (1)
Une femme et son fils sortent du cinéma et prennent un taxi pour les ramener chez eux, mais le chauffeur de taxi les enlève et les emmène dans sa maison en dehors de la ville. L'homme tue la femme et enchaîne l'enfant avec l'intention de l'élever comme son héritier et successeur dans la profession de tueur. Le temps passe, le garçon grandit et son tuteur/geôlier continue son activité de tueur, enlevant et tuant de jeunes femmes, jusqu'au jour où l'homme décide qu'il est temps que le garçon commette son premier meurtre.
"Chained", ou quand le torture porn a des prétentions autorales.
Un genre né de productions déclarées commerciales - ainsi que de séries - comme "Saw" et "Hostel" s'intègre difficilement dans le cercle du cinéma "haut de gamme". En un certain sens, seul Laugier avec son "Martyrs" a réussi à donner une empreinte décidément autorale à une histoire de tortures et de souffrances avec des virées de splatter et d'ultraviolence, pour le reste
calme plate. Et cela ne relève pas non plus des sorts de cette thèse "Chained", le thriller aux fortes connotations dramatiques que Jennifer Lynch confectionne suite à sa renaissance professionnelle. Comme le suggère le nom de famille, Jennifer Lynch est la fille du célèbre David, artisan de chefs-d'œuvre comme "The Elephant Man" et "Velluto Blu", une fille d'art qui, à seulement 23 ans, sous l'aile productrice de son père, a réalisé son premier film, le culte "Boxing Helena", une première œuvre très critiquée qui a coûté à la réalisatrice plus de dix ans d'inactivité. À son retour, Lynch dit mal et l'horreur produite par Bollywood "Hisss" lui est retirée des mains, remontée, remusiquée et resonorisée, devenant pratiquement une autre chose par rapport aux intentions de la réalisatrice. Cela va beaucoup mieux avec le thriller "Surveillance", et ensuite ce thriller/drame/horreur "Chained", ici et là considéré comme le meilleur travail jusqu'à présent de Lynch.
Mais "Chained" est le classique trou dans l'eau, un film qui promet et puis ne tient pas, un film ultra indie qui ne parvient pas à saisir la liberté expressive que
ces produits pourraient et devraient avoir pour s'aligner sur une idée de cinéma faussement truculent plus adapté aux publics des festivals qu'à ceux des cinémas. "Chained" a une idée de base plutôt banale, mais pas pour autant exempte de points intéressants, qui ont souvent donné naissance à des œuvres fascinantes et dérangeantes, à savoir documenter de manière réaliste et explicite la vie d'un tueur en série. Le passé nous a offert une multitude de films médiocres et mauvais sur le sujet (les divers "Ted Bundy", Ed Gein", "Dahmer" et compagnie), mais aussi des pépites comme "Henry – Pioggia di sangue". "Chained" ne tombe certes pas dans les ordures comme celles dirigées par Lommel et Feifer, pour
o un film comme "Henry" est loin à des années-lumière, tombant principalement dans le piège mortel du film qui veut "se donner un ton" sans en avoir les possibilités.
On voit immédiatement que Lynch voulait faire un film introspectif et capable de sonder l'âme tourmentée d'un rejeté de la société, avec la variante préhensible de chercher un point de vue dans le fruit de cette anomalie sociale. Le protagoniste de l'histoire est en effet ce garçon réduit en prisonnier, mais en même temps soumis en continu à un processus d'apprentissage qui devrait le transformer en monstre comme celui qui le tient reclus. Le garçon n'a pas de nom, il est immédiatement humilié et dépersonnalisé par son geôlier et
appelé Coniglio. Le regard du garçon est pour la plupart du film dépourvu de jugement, comme assommé par l'horreur et la violence, même si la réalisatrice nous rappelle à chaque moment à quel point le tueur est désagréable et dégoûtant, interprété très bien par un Vincent D'Onofrio de plus en plus mastodontique.
C'est la base du film, son âme, peu originale mais alignée sur un parcours qui pourrait surprendre. Pourtant, le film est anesthésié du début à la fin, ennuyeux et répétitif dans un va-et-vient de victimes conduites dans la maison, tuées presque toujours hors champ et enterrées dans la cave. Il manque un véritable intérêt dans l'itinéraire narratif et on ne perçoit qu'une monotonie qui investit le récit, les actions et la scénographie.
De temps en temps, on pointe encore plus banalement pour justifier les gestes du tueur avec des flashbacks qui nous montrent l'enfance difficile de l'homme, écrasé par un père violent, à une seule occasion la Lynch nous accorde une touche de splatter avec une gorge tranchée, puis, quand il devrait y avoir un peu de piquant à la fin, un personnage entre en scène - la fille que Coniglio devrait tuer - qui se comporte de manière si irréaliste qu'elle laisse bouche bée. Même le coup de théâtre final est si absurde et éloigné de toute logique dans sa mise en scène qu'il irrite plutôt qu'il ne surprend.
De ce pseudo torture porn, écrit de la main gauche par Lynch elle-même et totalement dépourvu de la volonté d'oser, il ne reste que la bonne performance des acteurs et une belle photographie qui utilise de manière fonctionnelle les couleurs chaudes.
Essaie encore Jennifer et ne te fâche pas si on te compare à ton père.
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