Demonia backdrop
Demonia poster

DEMONIA

1990 โ€ข IT HMDB
octobre 1, 1990

Lors de fouilles en Sicile, une équipe archéologique canadienne libère accidentellement les fantômes de cinq nonnes démoniaques qui ont été assassinées 500 ans plus tôt, et qui sont bien décidées à se venger de la population locale...

Réalisateurs

Horror

Commentaires

Distribution

Equipe

Production: Ettore Spagnuolo (Producer)
Scenario: Piero Regnoli (Screenplay)Lucio Fulci (Screenplay)Antonio Tentori (Story)
Musique: Giovanni Cristiani (Original Music Composer)
Photographie: Luigi Ciccarese (Director of Photography)

CRITIQUES (1)

Francesco Mirabelli

โ€ข
1486 : dans le village sicilien de Santa Rosalia, certaines nonnes, adoratrices du diable et dévouées à des pratiques blasphématoires, sont torturées et crucifiées par les habitants. Après 500 ans, une expédition archéologique dirigée par le professeur Paul Evans (Brett Halsey) et son assistante Liza (Meg Register) arrive à Santa Rosalia pour effectuer des fouilles. Après leur arrivée, plusieurs meurtres mystérieux troublent la paix de la région et l'inspecteur Carter de l'Interpol (rien de moins que Lucio Fulci !) est chargé de mener l'enquête. Peut-être que les nonnes démoniaques ont réussi à revenir de l'au-delà pour se venger et répandre à nouveau la terreur ? Inverosimilitude flagrante qui porte la signature de Lucio Fulci (un réalisateur qui nous avait habitués à des œuvres d'une tout autre envergure), "Demonia" avait toutes les caractéristiques pour être un bon produit : un scénario intrigant, des acteurs dignes comme Brett Halsey et Meg Register, un budget adéquat et un cadre original et riche en potentiel. Malheureusement, la réalisation du film a été entachée par une série de facteurs qui ont compromis irréparablement le résultat final. Sans compter que Fulci, agacé par les difficultés continues de tournage, a abandonné le film sans l'éditer, laissant le montage final être fait (mal) par d'autres. Parmi les divers problèmes qui ont pénalisé le film, on peut citer les désaccords avec le producteur (qui, selon le réalisateur, n'a pas débloqué tout l'argent promis), certains mafieux locaux qui ont forcé la production à embaucher certaines manutentions imposées par eux et, cerise sur le gâteau, les mauvaises relations avec les habitants des lieux où les prises de vue ont été effectuées. Il s'est avéré que la population locale, avec le curé et l'évêque en tête, dès qu'ils ont su quel genre de film était en train d'être tourné, a commencé à boycotter les travaux (et en effet, cela ne surprend pas que le monde ecclésiastique ait trouvé une pointe de blasphème dans un film d'horreur truculent qui parle de nonnes torturées et crucifiées parce qu'elles étaient dévouées au malin et avec la passion des orgies…). Dans "Demonia", nous trouvons beaucoup des thèmes chers à Fulci, le tout cependant cousu de manière plutôt médiocre et sans conviction. Il y a une bonne dose de moments gore, comme la séquence de l'homme coupé en deux ou la scène où une femme se rend soudain compte que son fils est couvert de sang, mais leur réalisation est pédestre. Ce film est connu surtout pour certaines perles de valeur trash indiscutable, comme le spectre d'une nonne qui tue les gens avec un fusil sous-marin, un boucher qui est attaqué dans son magasin par certains quartiers de bœuf possédés ou la séquence où une femme est déchirée par ses chats, dans un déluge de têtes factices et de pauvres petits matous projetés grossièrement en l'air. Sans compter que tous les acteurs sont doublés, donc nous avons affaire à un petit village sicilien caractéristique où les habitants semblent sortir d'un cours de diction théâtrale. Ce plat riche est offert au spectateur, enrichi d'un montage fait les yeux fermés et d'une photographie extraordinaire, qui, en raison de la surexposition de la pellicule, nous offre des flous mémorables, des effets flous et des brouillages strictement involontaires. Dans ce film, Lucio Fulci joue ce qui est considéré comme son caméo le plus long (à l'exclusion de "Un chat dans le cerveau" dont il est le protagoniste), dans le rôle d'un inspecteur de l'Interpol : preuve que probablement, au moins au début, ce projet lui tenait à cœur (bien que la question se pose spontanément : qu'est-ce que la Police Internationale a à voir avec une paire de meurtres survenus dans un village isolé de Sicile ?). Vous avez certainement compris qu'il s'agit d'un film profondément raté, dont la modeste facture est malheureusement soulignée par la manie auto-citationniste du réalisateur. En effet, Fulci insère dans ce qui est peut-être son œuvre la plus médiocre, des références rien de moins qu'à "L'Au-delà" : son film le plus réussi et le plus aimé des fans. La protagoniste des deux films s'appelle en effet Liza, les génériques de "Demonia" et "L'Au-delà" sont enveloppés de flammes et la scène de la torture et de la crucifixion des nonnes fait directement écho à celle du peintre Zweick. Il arrive ainsi que ceux qui saisissent les citations puissent involontairement se mettre à faire des comparaisons entre les deux œuvres, et de cette comparaison "Demonia" ne peut que sortir avec les os brisés, paraissant encore plus laid qu'il ne l'est déjà. Si vous voulez vous approcher du cinéma de Fulci, ne commencez pas par ce film.

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