Stacia voyage dans un bus traversant une zone montagneuse ; le bus tombe en panne et la jeune fille décide de continuer à pied vers le motel le plus proche. Peu après, un camionneur ambigu arrive à l'endroit où le bus est arrêté et propose de prendre en stop certains autres passagers du bus vers le motel ; à l'endroit de la panne ne restent que le chauffeur et un couple. Bientôt arrive un jeune auto-stoppeur qui tue à la fois le chauffeur et le couple de jeunes, puis se dirige lui aussi vers le motel voisin. Stacia, le camionneur et l'auto-stoppeur croiseront leurs chemins en mettant en scène un jeu mortel.
"Masters of Horror" est un projet singulier né de l'esprit de Mick Garris, un réalisateur connu dans le domaine de l'horreur principalement pour les adaptations des romans de Stephen King. Garris a pensé à réunir les réalisateurs les plus représentatifs du cinéma d'horreur dans un projet destiné à la télévision par câble Showtime et à la vidéo domestique, le résultat est "Masters of Horror", une série de 13 courts métrages de 60 minutes chacun, chacun réalisé par un grand nom du cinéma de genre ; chaque épisode a un budget de 1,8 millions de dollars, le lieu fixé dans la ville canadienne de Vancouver et une liberté créative totale a été accordée à chaque réalisateur. Les noms impliqués dans le projet sont : Don Coscarelli, Tobe Hooper, Dario Argento, Lucky McKee, Stuart Gordon, Joe Dante, John McNaughton, Larry Cohen, Takashi Miike, John Carpenter, William Malone, John Landis et Mick Garris lui-même.
"Strada per la morte" (en original "Pick me up") est l'épisode de "Masters of horror" réalisé par Larry Cohen, vieille gloire du cinéma d'horreur de série B, désormais éloigné depuis des années de la caméra. Cohen nous avait habitués à des films honnêtes, et souvent savoureux, allant de l'original et socialement engagé "Baby killer" au frivole mais acceptable "I vampiri di Salem", mais avec ce retour, il a probablement donné naissance à l'un des pires épisodes de la série réussie "Masters of horror". "Strada per la morte" s'inspire d'une nouvelle courte de l'écrivain splatterpunk David J. Schow, mais le matériel de départ fragile ne parvient absolument pas à maintenir l'attention du spectateur pendant les 60 minutes de sa durée, donnant ainsi naissance à une suite d'affrontements répétitifs entre les tueurs et leurs victimes. L'idée de base, qui voit le duel à coups de victimes entre deux impitoyables tueurs en série, diamétralement (et symboliquement) opposés quant à leur manière de se déplacer, est certainement originale et aurait pu offrir des pistes pour donner naissance à un produit d'un intérêt certain, malheureusement cette idée ne sert que de toile de fond à une mise en scène ennuyeuse qui tend à souligner davantage les éléments grotesques, sans jamais s'aventurer vers le cœur de l'action. La fin, si nous voulons cryptique, aide encore moins à digérer cette soupe mal assortie.
Si l'un des points essentiels du projet "Masters of horror" était la liberté créative la plus complète laissée au réalisateur, il semble que Cohen n'en ait pas du tout profité, car le film semble s'auto-limiter dans les scènes les plus crues qui, bien que présentes, sont rendues de manière tout à fait "légère", laissant ainsi au hors-champ fastidieux tous les meurtres.
Le scénario est lacunaire et ne s'intéresse absolument pas à la délimitation des personnages, dont on ne sait pratiquement rien ; la réalisation ne semble pas particulièrement vivante, au point de ne pas distinguer "Strada per la morte" de n'importe quel autre produit de style télévisuel. Le casting présente un couple de noms connus, représentés par l'intéressante Fairuza Balk ("Giovani streghe" ; "L'isola perduta"), dans le rôle de Stacia, et par l'acteur fétiche de Cohen lui-même, le sympathique Michael Moriarty ("I vampiri di Salem" ; "The Stuff"), dans le rôle du camionneur. Dans le rôle de l'auto-stoppeur tueur, il y a l'inexpressif Warren Kole ("Una canzone per Bobby Long").
En somme, "Strada per la morte" est simplement une déception, une occasion manquée pour Larry Cohen de montrer aux nouvelles générations son talent dissacrateur exprimé dans ses anciennes œuvres.
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