Shelby Oaks backdrop
Shelby Oaks poster

SHELBY OAKS

2025 US HMDB
octobre 2, 2025

The Paranormal Paranoids, un groupe d'enquêteurs spécialisés dans le paranormal, mettent à jour un héritage obscur et les répercussions majeures de leur travail, tandis que Mia part à la recherche de sa soeur Riley, la cheffe des enquêteurs, douze ans après sa disparition. En suivant de nouvelles pistes inquiétantes sur ce qui est arrivé à Riley, Mia découvre des indices révélant une force maléfique surnaturelle, enfouie depuis l'enfance de Riley et la sienne.

Réalisateurs

Chris Stuckmann

Distribution

Camille Sullivan, Brendan Sexton III, Keith David, Sarah Durn, Derek Mears, Emily Bennett, Charlie Talbert, Robin Bartlett, Michael Beach, Mason Heidger
Horror Mistero

CRITIQUES (1)

Roberto Giacomelli

Le found footage a été, au début du troisième millénaire, la plus grande révolution linguistique du cinéma d'horreur. Après que The Blair Witch Project ait réécrit en 1999 les règles de la peur, ce fut Paranormal Activity qui en fit un phénomène de masse et Cloverfield qui le porta à l'échelle des blockbusters. Depuis, le genre s'est usé, réinventé, contaminé… jusqu'à devenir un ensemble d'outils intégrables dans le cinéma de l'horreur plus traditionnel. Shelby Oaks – Le repaire du mal, premier long métrage de Chris Stuckmann, part exactement de ces suggestions mais les fusionne avec la nouvelle grande tendance contemporaine : le true crime, carburant d'une grande partie de l'offre des plateformes de streaming. Une hybridation qui semble être la direction la plus naturelle pour un film d'horreur actuel, et pourtant Shelby Oaks surprend parce que cette référence n'est qu'un appât : après le premier quart d'heure de mockumentary, le film change de peau, abandonne l'esthétique du faux reportage et se dirige vers l'horreur fictionnelle classique, tout en conservant l'empreinte de "mystère investigatif" qui lui donne son identité. L'intrigue tourne autour de Mia (Camille Sullivan), une femme obsédée par la disparition de sa sœur Riley (Sarah Durn), l'une des membres du groupe "Paranormal Paranoids", une bande de "chasseurs de phénomènes paranormaux" qui s'était construite une petite secte sur le web. Après de nombreux mois depuis la disparition de Riley et de ses collègues, de nouvelles traces émergent soudainement à travers un mystérieux film tourné dans la ville fantôme de Shelby Oaks ; ainsi Mia décide de reconstruire les derniers mouvements de sa sœur, convaincue que la disparition de Riley est liée à une mystérieuse entité qui la poursuit depuis son enfance. La plus grande force de Shelby Oaks est justement le mélange entre l'investigation logique et la dérive surnaturelle. Stuckmann – qui a écrit le film avec sa femme Samantha Elizabeth et l'a financé via le crowdfunding sur Kickstarter, avant que Mike Flanagan n'intervienne en tant que producteur exécutif – démontre un sens remarquable de la mise en scène de l'horreur, construisant certaines séquences vraiment mémorables. Les jeux avec l'obscurité, le "je vois-je ne vois pas", la caméra placée à des points stratégiques pour exploiter les espaces morts de l'image mènent à deux ou trois moments de terreur authentique. Pas la peur facile, mais ce type d'inquiétude qui naît lorsque la perception se fissure et que le spectateur reçoit des indices pour comprendre ce qui se passe. La partie la plus faible est cependant l'écriture. Stuckmann pressent une mythologie intéressante mais ne l'approfondit pas toujours : certaines dynamiques concernant l'entité connue sous le nom de Tarion et le culte qui l'alimente restent vagues, certains personnages entrent et sortent sans vraiment marquer, et la fin arrive de manière trop abrupte. C'est comme si le film avait peur d'expliquer trop et, en même temps, disait quand même un peu trop avec des concessions non nécessaires au sensationnalisme visuel. Le résultat est une fin rapide générée par des influences cinéphiles évidentes (quelqu'un a dit Rosemary's Baby et Omen – Le présage ?), qui ne donnent pas le temps au spectateur de vraiment assimiler les rebondissements. En définitive, Shelby Oaks – Le repaire du mal est un film d'horreur imparfait mais efficace, enfant d'un cinéma qui revient à mettre au centre le perturbant plutôt que le jumpscare facile. Il manque de cohérence narrative et d'une fin vraiment satisfaisante, mais quand il décide d'appuyer sur la pédale de la peur, Stuckmann démontre un talent remarquable pour construire l'atmosphère et inspirer la crainte.