Roberto Giacomelli
โขUn groupe de six jeunes se met en route pour assister à un match de football important. La nuit tombée, les six amis décident de camper dans une forêt, mais le lendemain matin, l'un d'eux découvre qu'une des voitures a été sabotée : il décide donc de se rendre avec sa petite amie dans la ville la plus proche pour se procurer les pièces de rechange. Arrivés dans le village d'Ambrose, un lieu semi-désert et hors du temps couronné par un lugubre musée de cire, les deux jeunes, ainsi que le reste du groupe qui ne tarde pas à les rejoindre, découvriront à leurs dépens que le musée cache un terrible secret...
Remake du film éponyme réalisé par André De Toth en 1953 (qui adaptait lui-même "Mystery of the wax museum" de Michael Curtiz de 1933), "La Masque de Cire" rejoint désormais la longue liste des remakes uniquement nominaux qui n'ont rien à voir avec les originaux, si ce n'est le titre et le concept de base. En effet, comme "Non aprite quella porta" et "L'Alba dei morti viventi", "La Masque de Cire" s'inspire de l'histoire créée pour le prototype, mais la développe de manière totalement différente. Dans ce cas, nous avons affaire à un slasher pour ados qui doit beaucoup aux récents succès tels que le déjà cité "Non aprite quella porta" de Marcus Nispel et "Wrong turn" de Rob Schmidt. Comme dans ces deux films, l'atmosphère malsaine et morbide sert de toile de fond à la mise en scène d'actions violentes et de morts crues et spectaculaires. Dans "La Masque de Cire", l'horreur tourne également autour d'une petite localité perdue dans la campagne nord-américaine, et le cœur de la folie et de l'horreur est généré par la présence d'un nouveau clan familial, dont les membres ont grandi dans la violence physique et psychologique provoquée par leurs parents.
On ne doit donc pas s'attendre à un chef-d'œuvre de ce film, mais non plus au navet dont a parlé beaucoup de critique d'outre-Atlantique. Il s'agit simplement d'un honnête film estival qui captive et divertit, surtout grâce à un usage parcimonieux du gore/splatter, qui parvient parfois à atteindre des niveaux assez élevés de spectacularité et de dégoût. Parmi les scènes les plus marquantes, il convient de citer celle où l'une des protagonistes du film se fait transpercer le crâne par un tuyau d'acier lancé par le tueur, lequel s'approche ensuite du corps de la victime et retire l'arme sans que la caméra ne laisse échapper le moindre détail macabre.
La réalisation est signée Jaume Collet-Serra, un Ibérique qui s'était déjà fait remarquer pour quelques spots télévisés et clips musicaux, ici à son premier long métrage. Le casting est composé presque entièrement de jeunes acteurs peu connus, parmi lesquels se distinguent, plus pour leur physique avantageux que pour leurs talents d'acteur, Elisha Cuthbert ("La Fille d'à côté") dans le rôle de la protagoniste et Paris Hilton, jeune héritière qui a beaucoup fait parler d'elle aux États-Unis après avoir participé à quelques émissions de téléréalité et être apparue dans une vidéo hard qui a fait le tour du web. Une mention particulière doit être faite au scénographe Graham Walker, pour avoir créé un musée de cire inquiétant et indéniablement fascinant qui n'a rien à envier à celui du film de 1953.
En conclusion, "La Masque de Cire" est un classique produit estival qui se laisse regarder avec plaisir et n'a aucune prétention si ce n'est celle de divertir le public grâce à d'excellents effets splatter. Conseillé.
Note arrondie par excès.
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