Dans un pensionnat de jeunes filles, un mystérieux assassin commet une série de crimes dont la raison semble inexplicable. Rapidement, un inspecteur est envoyé sur les lieux. Il doit faire vite car l'assassin semble être pressé par le temps et viser une personne en particulier.
Lucille, une jeune héritière amoureuse de son professeur d'équitation, étudie et vit dans un pensionnat de jeunes filles en France. L'arrivée de nouveaux enseignants coïncide avec le début de meurtres mystérieux dont les victimes sont justement les élèves du pensionnat.
"Nude... si muore" : un titre qui est tout un programme ! Les malins distributeurs italiens ont en effet misé sur un titre accrocheur qui exprimait de manière directe les deux composantes principales du film, éros et thanatos, qui étaient les éléments caractéristiques de beaucoup de cinéma de genre italien des années 1970 (même le titre de travail ne passait pas : "Sette vergini per il diavolo"). Mais "Nude... si muore" a été produit en 1967, quand la pudeur régnait encore, donc les nudités et la mort promises par le titre, bien que présentes, sont si chastes et innocentes qu'elles ne feraient même pas rougir une écolière. Les fréquents et prurigineux changements de vêtements des protagonistes, ou les douches (auxquelles un voyeur assiste systématiquement), sont toujours si timides qu'ils font presque sourire, tout comme les meurtres semblent tous très "soft", toujours dans l'esprit du "je voudrais mais je ne peux pas".
Antonio Margheriti, de son vrai nom Anthony Dawson, réalise ce giallo sur commande en essayant de surfer sur la vague des films de Bava qui cartonnaient alors dans les salles italiennes et pas seulement. C'était d'ailleurs Mario Bava qui était pressenti pour réaliser "Nude... si muore", auquel les frères Woolner, producteurs et distributeurs en Amérique de certaines pellicules du réalisateur sanrémasque, avaient confié le projet. Après le premier "oui" de Bava, qui avait déjà commencé à travailler sur le scénario intitulé pour le marché international "Cry Nightmare", le réalisateur de "La maschera del demonio" a décliné l'offre pour donner la priorité à "Diabolik" et ainsi le sujet est passé entre les mains de Margheriti, qui en a réécrit le scénario avec Franco Bottari.
"Nude... si muore" reprend beaucoup des caractéristiques du cinéma de Mario Bava, avec des dettes évidentes envers "La ragazza che sapeva troppo" et surtout "6 donne per l'assassino", dont il reprend la structure du meurtre en série de jeunes femmes, ainsi que le mystérieux tueur aux gants noirs, dont l'identité n'est révélée qu'à la fin. Le mécanisme du giallo, bien qu'il n'implique pas dans sa partie investigatrice, semble assez bien trouvé, surtout si l'on considère la révélation finale qui, bien qu'improbable sur le plan purement réaliste, semble bien conçue et en accord avec tous les éléments disséminés pendant le film.
Les différents personnages qui peuplent le film ne sont pas tous convaincants, loin de là, la plupart n'ont pas réussi. La protagoniste Lucille est interprétée par une Eleonora Brown un peu en dessous de tout, une météorite du paysage cinématographique (elle était la petite fille de "La ciociara") ici dans sa dernière interprétation. Lucille est la jeune fille en danger typique, un peu pleurnicharde, qui ne néglige pas la vie sentimentale au point de s'attacher à son enseignant dans une sous-intrigue amoureuse peu convaincante. L'enseignant est interprété par Mark Damon ("I vivi e i morti" ; "I tre volti della paura"), probablement le personnage le plus stéréotypé et le moins intéressant de tout le film ; tout comme l'enquêteur interprété par un Michael Rennie en participation exceptionnelle semble très peu approfondi. Le personnage sur lequel Margheriti semble miser le plus est Jill, la fille la plus éveillée du groupe, interprétée par Sally Smith (les séries télévisées "The Avengers" et "Perry Mason"), passionnée de romans policiers qui aidera la police dans ses enquêtes. Les fréquents moments où Jill est la protagoniste sont aussi l'occasion de contaminer le giallo avec la comédie, parfois insérée en doses peut-être trop invasives pour nuire à l'atmosphère mystery générale du film. Dans un rôle mineur, le jardinier voyeur, apparaît aussi Alan Collins, autrement dit Luciano Pigozzi, véritable acteur fétiche de Margheriti (il a participé à plus de vingt films du réalisateur).
La réalisation de Margheriti est comme d'habitude extrêmement professionnelle, capable de mouvements de caméra magnifiques, ici soutenue par une belle et suggestive photographie de Fausto Zuccoli. Bande originale de Carlo Savina, qui comprend le tube ultra-pop "Nightmare".
En définitive, "Nude... si muore" n'est certainement pas l'un des films les plus aboutis de Margheriti, beaucoup plus à l'aise avec la science-fiction et l'horreur gothique, au-delà d'une incontestable maîtrise technique, il présente en effet quelques banalités qui en minent en partie le succès.
Adapté seulement aux fans du cinéma vintage italien.
Il mérite une demi-courge en plus.
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