TRIPPER
The Tripper
avril 20, 2006
Une satire politique sanglante autour d'un groupe d'amis qui se rend à un grand concert du type Woodstock pour un week-end de débauche. Ils se feront suivre par un tueur fanatique déterminé à finir ce qu'il a commencé des années auparavant.
Réalisateurs
Distribution
David Arquette
Muff
Courteney Cox
Cynthia
Richmond Arquette
Deputy Cooper
Paz de la Huerta
Jade
Lukas Haas
Ivan
Balthazar Getty
Jimmy
Redmond Gleeson
Dylan / Father
Jaime King
Samantha
Thomas Jane
Buzz
Jason Mewes
Joey
Rick Overton
Mayor Hal Burton
Paul Reubens
Frank Baker
Marsha Thomason
Linda
Stephen Heath
Jack
Ben Gardiner
Wilson
Christopher Allen Nelson
Gus / Reagan
Richard Gross
Cop
Wes Craven
Hippie (uncredited)
Brad Hunt
Hank
Equipe
Production:
Courteney Cox (Producer) — Evan Astrowsky (Producer) — Navin Narang (Producer) — Neil Machlis (Producer)
Scenario:
David Arquette (Screenplay) — Joe Harris (Writer)
Musique:
David Wittman (Original Music Composer) — Jimmy Haun (Original Music Composer)
Photographie:
Bobby Bukowski (Director of Photography)
CRITIQUES (1)
Un petit groupe de jeunes arrive dans la forêt de Redwood, un lieu où se déroulera la nouvelle édition du Free Love Festival, une sorte de petit Woodstock qui réunit les hippies de toute l'Amérique. Au milieu de rivières de drogue, d'alcool et de sexe, un tueur en série se déchaîne. Il porte un masque reproduisant les traits de l'ex-président Ronald Reagan et semble particulièrement motivé à exterminer ceux qui prêchent l'amour libre et consomment massivement de la drogue.
Après avoir interprété l'agent Linus/Dewey dans la trilogie "Scream", David Arquette semble avoir pris goût aux films d'horreur slasher et, pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, il décide de se consacrer à un slasher style "Scream". Dommage que l'acteur sympathique ne soit pas Wes Craven et, malgré les louables intentions et l'idée originale de base, le film ne convainc pas du tout.
Tout bon amateur d'horreur devrait maintenant connaître les règles qui sont à la base d'un slasher, après tout, "Scream" les a expliquées et illustrées clairement : ceux qui font l'amour, boivent de l'alcool ou se droguent dans un film d'horreur sont les victimes préférées du tueur. Cela nous amène à penser que le slasher est le genre le plus inconsciemment "anti-libéral" du paysage horrifique, où sont punis ceux qui transgressent la morale commune conservatrice pour embrasser (souvent précocement) les idéaux de la jeunesse de gauche de l'époque où ce genre est né. Arquette et le co-scénariste Joe Harris ont eu l'idée géniale de matérialiser cette supposition métaphorique de la manière la plus directe possible : les victimes libérales et libertines sont des néo-hippies et le tueur conservateur est l'ex-président républicain Ronald Reagan. Une idée aussi simple que géniale !
L'ensemble du film, cependant, se limite à cette idée et semble que le réalisateur, après qu'il ait eu une illumination, ait volontairement coupé le courant, décidant ainsi de tourner et de retourner sur les mêmes lieux communs du slasher sans grande imagination, montrant plutôt un manque d'aisance et d'"acerbe" sous de nombreux aspects.
Le plus gros défaut de "The Tripper" est le timing, en effet le film met beaucoup trop de temps à entrer dans le vif du sujet (environ 50 minutes pour une durée totale de 90 minutes à peine) et se montre excessivement répétitif et même ennuyeux dans la première partie. Nous sommes présentés aux personnages habituels que nous attendons tous d'un film slasher post "Vendredi 13", avec une prédilection particulière pour le stéréotype du "type défoncé" - et vu le contexte, on ne pouvait pas demander autre chose -, mais c'est bien ainsi, pour un film d'horreur grotesque, mêlé de comédie et de citations, on ne peut pas s'attendre à de la "novelty" dans la caractérisation des personnages. Le film, cependant, peine à avancer, semble volontairement dilué dans des saynètes ennuyeuses qui énumèrent les blagues habituelles sur les drogues et sur le fait d'être "foutu". Ainsi, le spectateur est distrait et le temps est volé à la partie la plus appétissante du buffet, à savoir le tueur Reagan. Quand le singulier assassin entre en scène, heureusement, la situation se redresse et, que ce soit pour l'aspect étrange ou pour la figure antithétique du contexte, le choix d'inclure l'ex-président comme bogeyman est vraiment bien trouvé. Après tout, dans une de ses célèbres phrases (qui ouvre d'ailleurs le film), Reagan a affirmé que les hippies "ressemblent à Tartan, marchent comme Jane et puent comme Cita", montrant ainsi comment la respectable figure de l'acteur qui est devenu Président des États-Unis est parfaitement adaptée comme grotesque némésis de la jeunesse libre qui a proliféré aux États-Unis à partir des années 1960.
L'éloge du massacre final au concert et le taux élevé de gore et de splatter sont louables, dommage que la mise en scène des meurtres ne soit dépourvue de fantaisie, tous consommés avec de simples coups de l'arme blanche du tour (de préférence une hache de bûcheron).
La performance d'Arquette derrière la caméra n'est pas tout à fait convaincante et, partant d'une mise en scène un peu trop pauvresse pour un produit de ce genre, on note une anonomie innée qui tente ici et là des éclairs d'expérimentation, surtout avec l'insertion de scènes lysergiques plutôt maladroites. La prise de tête corrosive et ironique du système politique (surtout de droite) ne divertit pas trop et à certains moments semble même déplacée ou exploitée de la manière la plus banale (en fin de compte, seul le nom "W. Bush" sur la clôture du cochon fait sourire).
Le casting réserve quelques visages célèbres, dont Arquette lui-même dans le rôle d'un plouc, Courtney Cox Arquette dans un caméo, et, dans des rôles plus importants, Lukas Haas ("Mars Attacks!" "Long Time Dead"), Jaime King ("The Spirit"; "San Valentino di Sangue"), Jason Mewes (Jay de l'accouplement "Jay et Silent Bob") et Tom Jane ("The Punisher"; "The Mist").
En résumé, une belle idée de base utilisée au minimum pour confectionner un slasher ironique qui peine à décoller. Un potentiel cult manqué.
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