Negli anni dell'ascesa del fascismo, nelle campagne tra Ravenna e Ferrara viene ritrovato il cadavere di un uomo che sembra aver subito l'attacco di una belva incredibilmente feroce. Si tratta di un medico della zona che aveva appena denunciato nella Capitale il focolaio di un'epidemia di malaria, proprio nei giorni in cui Mussolini sta raccogliendo consensi grazie alla proposta di legge sulle bonifiche. Per indagare, arriva sul posto l'ispettore Carlo Rambelli, inviato dal Ministero della Salute. Ma presto un altro medico cade vittima del misterioso assassino...
1925. Spinaro est un village de la province de Ravenne destiné aux travaux d'assainissement que le régime fasciste naissant s'apprête à entreprendre. Suite à une épidémie de malaria, l'inspecteur sanitaire Carlo Rambelli est envoyé sur place et se retrouve alors confronté, outre la maladie mortelle, à une série de morts mystérieuses qui frappent certains personnages en vue du pays. Les victimes, retrouvées cadavres dans la palude, présentent toutes la gorge déchirée par la morsure d'un gros animal et la population commence à craindre qu'il s'agisse de la fureur de la Borda, une sorcière qui, selon les croyances populaires, hante la palude et est aussi la porteuse de la malaria.
Il est probablement plus rare qu'unique de voir une fiction italienne de première soirée recensée sur ce site, mais vu le thème traité, il a semblé opportun d'ajouter ce titre au déjà très nombreux nombre de critiques qui peuplent la base de données.
L'Italie est désormais devenue le « pays des fictions » et quand on parle de produits audiovisuels made in Italy, il est d'usage d'imaginer immédiatement les Marescialli Rocca, les Districts de police, les Don Matteo divers et un grand nombre de vies de saints et de mélodrames en costume qui mettraient à rude épreuve la patience de quiconque ait grandi en s'enthousiasmant pour des produits conçus pour le cinéma. Ceux de la Rai doivent s'être rendu compte du paysage extrêmement gonflé de la fiction italienne et c'est pourquoi ils ont tenté la carte de la nouveauté avec un produit qui s'éloigne des thèmes et (en partie) du déroulement de la ritournelle télévisuelle canonique. Le résultat s'appelle « Mal’aria » et c'est un film télévisé divisé en deux épisodes et librement adapté du roman éponyme d'Eraldo Baldini, un film qui se laisse regarder mais qui présente en même temps autant de défauts qu'il ne fournit sûrement pas de motif de rédemption pour les « patrons de la télévision », encore trop éloignés des goûts d'un public habitué à s'évader au-delà des murs strictement domestiques.
La volonté de raconter une histoire « différente » est à louer, surtout si cette différence réside dans le fait d'aborder des thèmes chers à l'horreur et au giallo surnaturel, qui dans ce cas puise à pleines mains dans l'imaginaire du gothique rural tant aimé de certaines des perles les plus brillantes de notre cinématographie de genre. L'ambiance géographique nous rappelle certaines glorieuses pellicules signées Pupi Avati (« La casa dalle finestre che ridono » et « L'arcano incantatore »), dont est emprunté ce substitut de normalité mondaine qui cache des horreurs indescriptibles. Au cœur de l'histoire se trouvent la superstition populaire, la sorcellerie et le sacrifice des enfants, des particularités qui, rappelant le « Non si sevizia un paperino » fulcien, apparaissent sûrement très attrayantes pour un public alternatif à celui habitué de la télévision, surtout s'il est habitué à certains langages « de genre ». La fermeture d'esprit de certaines populations qui confondent la vraie maladie (la malaria) et la mort avec la magie est un point intéressant, même dans son insistance sur l'ambiguïté de la situation qui met quand même le spectateur (et le protagoniste avec lui, un esprit rationnel confronté à l'irrationnel) à douter de la voie que la narration veut réellement suivre – normale ou paranormale ? – ; même la contextualisation historique dans le ventennio fasciste semble un choix judicieux et, malgré la stéréotypisation de certains personnages, en particulier les fascistes méchants, le fréquent mais jamais intrusif rappel des questions qui ont caractérisé cette période historique semble réussi, sans jamais tomber dans le didactique.
Le « quoi », donc, est sûrement gagnant, ce qui laisse perplexe est souvent le « comment ».
L'histoire en certains points est inutilement diluée dans des contaminations mélodramatiques parfois inutiles qui veulent quand même rappeler au spectateur le type de produit audiovisuel auquel il a affaire ; de plus, le scénario de Giovanna Koch et Stefano Sollima tend en plusieurs points à trahir le matériel d'origine (et en effet le film est « librement » adapté du roman) en adoucissant la narration avec des trouvailles politiquement correctes et en l'épurant des contaminations plus marquées avec le genre horreur. L'intrigue en certains points semble trop confiée aux « incroyables » intuitions du protagoniste qui vont combler certains évidents trous de scénario (la découverte du mécanisme mortel et la récupération de la mémoire surtout), de même que, arrivés à un certain point, on peut prédire avec trop de facilité la résolution de l'histoire qui, entre autres, est consommée aussi de manière hâtive.
Le casting est décidément trop inégal et si les interprétations de Stefano Dionisi (« L'arcano incantatore » ; « Nonhosonno »), Eros Pagni (« Profondo Rosso » ; « Nestore – L'ultima corsa ») et Sarah Felderbaum (« Cardiofitness ») paraissent convaincantes, il n'en va pas de même pour l'inadapté Francesco Salvi (« Fracchia la belva umana »), le perdu Giuseppe Soleri (« Piano 17 » ; « L'ispettore Coliandro ») et le protagoniste Ettore Bassi, visage connu de la fiction italienne et constamment engagé dans des expressions de séducteur.
La réalisation de Paolo Bianchini est décrite, parfois inutilement dédiée à des expérimentations pathétiques qui sentent le virtuosisme conceptuellement vieux. Inhabituellement bonne pour une fiction télévisée, la photographie de Giovanni Cavallini.
En somme, vu que l'Italie ne peut se passer de fictions à la pelle, bien viennent des incursions dans le « genre » qui tendent à se détacher de la production principale, pourtant la route vers un produit qui ne résulte simplement que médiocre semble vraiment très lointaine.
Visionnez la bande-annonce de MAL'ARIA
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