Un multimillionnaire finance des recherches scientifiques sur les anacondas dans un laboratoire pharmaceutique secret en Europe de l'Est. L'objectif de ces recherches est de réussir à extraire des gros serpents, mangeurs d'orchidées subtropicales, l'élixir de l'éternelle jeunesse. Cas plus unique que rare, les expériences ne se déroulent pas comme prévu et deux gros spécimens d'anaconda s'échappent des laboratoires pour semer la terreur parmi les bosquets adjacents au centre de recherches scientifiques. Un groupe de pseudo-soldats reçoit la mission de capturer les grosses bêtes.
Voir "Anaconda 3" est certainement une expérience de vie. Mais il ne s'agit pas de l'une de ces expériences de vie dont on peut être fier, pas de l'une de ces expériences de vie qui vous font mûrir et qui vous poussent à la porter pour toujours avec vous pour la raconter avec joie au premier ami que vous rencontrez, il ne s'agit pas de l'une de ces expériences de vie qui vous font sentir un guerrier intrépide prêt à crier au monde entier "Oui, moi aussi je l'ai fait !". Non, rien de tout cela. Voir "Anaconda 3" est une expérience glaçante, diabolique, mesquine et terriblement frustrante ; une expérience de vie prête à se transformer en un véritable traumatisme pour le spectateur (qu'il soit un amateur de cinéma, qu'il soit un amateur de reptiles, qu'il soit une personne mentalement stable) et capable de démontrer que le cinéma, quand il veut, sait franchir n'importe quelle limite, surtout celle de la décence.
Parler de ce film uniquement en termes de mauvais ne suffirait pas et ne serait pas correct, ce serait une sorte d'insulte envers tous ces petits films mauvais qui n'osent pas aller au-delà de cet adjectif, "Anaconda 3 – La nouvelle lignée" est un film qui réussit à se prolonger au-delà du simple mauvais, presque dans l'horrifique, mais encore une fois l'adjectif utilisé ne parvient pas à s'exprimer pleinement.
Un peu triste de noter autant d'indécence affichée à visage découvert, surtout si l'on repense à ce petit grand film qu'est "Anaconda" (L. Llosa, 1997) qui, bien que injustement sous-estimé par beaucoup, était capable de rassembler en lui toutes ces qualités qui font du film de bête l'un des sous-genres les plus intéressants du genre horreur. Moins, mais cependant de facture agréable, apparaissait aussi son premier sequel, "Anaconda – À la recherche de l'orchidée maudite" (D. Little, 2004), qui grâce à un bon mélange entre l'éco-vengeance et l'aventure réussissait à mettre en scène un divertissant intermède capable de divertir et d'amuser au bon moment. Mais après deux productions destinées au circuit cinématographique, voici que même les anacondas sont assujettis par les productions télévisées et inévitablement la qualité ne peut que en souffrir.
Il était donc dû de s'attendre à un troisième épisode de qualité inférieure (peut-être que nous nous y attendions tous) mais ce que personne n'aurait pu s'attendre est la dose élevée d'incompétence et d'ignorance qui imprègne l'ensemble du film.
On pourrait (mais on ne devrait pas) fermer les yeux sur la réalisation anonyme de Don E. FauntLeRoy (beaucoup plus actif en tant que directeur de la photographie), on pourrait fermer les yeux sur la photographie terriblement patinée et télévisuelle au point d'être oppressante, tout comme les décors sordides et désolants (passons des forêts amazoniennes et du Borneo fascinantes et sauvages qui caractérisaient les films précédents, à une banale cour avec bosquet) ; mais c'est sur ce que le spectateur ne peut absolument pas fermer les yeux et c'est sur le plat fort du film : les anacondas.
Ces énormes et fascinants reptiles sont en effet dépeints avec une telle incompétence que l'on doute réellement de la connaissance, même scolaire, des auteurs concernant ces animaux : voici que nous sont proposés des serpentons munis de dents pointues (?), on parle constamment d'anaconda reine (quoi ? Anaconda reine ? Nous ne parlons pas des abeilles !), ils sont perpétuellement affamés au point de tout dévorer en continu (mais les temps de digestion des serpents, généralement, ne sont-ils pas un peu durables ?) et ne font que cracher, comme technique de défense/attaque, un liquide de science-fiction non dissemblable du sang. À tout cela, il faudrait ajouter un petit discours concernant la représentation visuelle des gros serpents : oubliez les remarquables marionnettes mécaniques qui caractérisaient le premier film, ici tout (même la chose la plus inutile) est réalisé avec une infographie primitive et grossière qui porterait envie aux vieux jeux vidéo pour PlayStation One.
Quelques mots méritent d'être dits également concernant Nicholas Davidoff et David C. Olson qui supervisent et signent l'un des scénarios les plus désastreux des derniers temps et qui semble élaboré par un enfant de primaire lors d'un cours de rattrapage : le spectateur, rendu impuissant par une technologie qui ne permet pas encore d'interagir avec les personnages du film, est contraint d'assister aux délires d'une poignée de pseudo-marines (plus similaires à une bande de toxicomanes, pourtant) qui ne font que courir entre les arbres et poursuivre l'anaconda (mémorable la poursuite du serpent en Jeep) qui cette fois, suite aux manipulations génétiques, a en dotation une queue en forme d'épée avec laquelle il peut empaler ses victimes (?). Pour accompagner les marines-toxicomanes (dont fait partie un David Hasselhoff déconcerté et inexpressif, fini à lutter contre les anacondas après avoir parlé à sa "SuperCar" et avoir couru en ralenti sur les plages de "BayWatch") ne peut manquer la belle scientifique (rigoureusement blonde) qui ne nous épargne pas les tirades scientifiques pseudo-intellectuelles.
Rien ne peut sauver de la guillotine ce résumé de laideur ; la chose choquante est de savoir qu'il existe aussi un quatrième chapitre, "Anaconda 4 – Trace de sang", réalisé back to back par la même équipe.
The movie was ok. It must of been a low budget movie. Everything looked real fake. Some of the scenes of the actors trying to get away looked really fake too.
Commentaires