Un couple de chercheurs subit les foudres d'un prêtre vaudou, pour n'avoir pas réussi à guérir son épouse atteinte d'un cancer. L'homme convoque une horde de zombies, qui sème la terreur sur l'île. La fille du couple parvient à se sauver. Elle revient quelques années plus tard, bien décidée à se venger.
Une communauté de scientifiques mène des expériences en utilisant comme cobayes les indigènes d'une île des mers du Sud. Un sorcier vaudou, jugeant les chercheurs responsables de la mort de sa fille, déclenche contre eux les morts-vivants ; la seule personne qui réussit à se sauver est une petite fille nommée Jenny. Plusieurs années plus tard, deux groupes de personnes atteignent l'île maudite : le premier groupe est composé de quatre vétérans du Vietnam répondant aux noms de Rod (Nick Nicholson), Mad (Jim Moss), Tommy (Don Wilson) et Dan (Jim Gaines) ; avec eux se trouvent Louise (Adrianne Joseph) et Jenny (Candice Daly), désormais adulte. Le second groupe est constitué de certains chercheurs, Chuck (Chuck Peyton), David (Massimo Vanni) et Valerie (Cristina Caporilli), à la recherche d'un de leurs collègues nommé Michael Crichton (oui, comme l'écrivain). David trouve dans une grotte un livre de magie noire et en récitant par hasard certaines formules, il déclenche à nouveau la colère des zombies...
La sempiternelle camelote "écrite" et "réalisée" (les guillemets s'imposent) par Claudio Fragasso, avec la contribution de son épouse Rossella Drudi aux textes, et le probable apport de Bruno Mattei à la réalisation (Mattei ne figure pas au générique mais à l'époque, les deux étaient inséparables). Sans crainte de démenti, on peut parler d'un des pires films de zombies de tous les temps.
Le film est également connu sous le titre "Zombi 4", et cette dénomination est un exemple typique du marketing des distributeurs/producteurs italiens de l'époque, qui pour exploiter le succès de certains films s'inventaient des suites, évidemment sans grand rapport avec les originaux (généralement une situation ou un décor). Autre exemple flagrant de série apocryphe en plus de "Zombi" est celle de "La Maison", arrivée jusqu'au septième épisode !
D'ailleurs, la dénomination "Zombi" a été utilisée uniquement pour le marché italien, car le film de M. Romero dans son pays s'intitule "Dawn of the Dead", donc l'effet "train" n'aurait pas fonctionné : alors pour le marché anglophone, une nouvelle série a été créée, "Zombie flash eaters" (les zombies mangeurs de chair), qui commence avec "Zombi 2" de Fulci ("Zombie flesh eaters") et va jusqu'à "Zombie flesh eaters 3".. Nous pouvons donc désigner ce film effrayant soit "Zombi 4" soit "After Death" ou "Zombie flesh eaters 3" : choisissez le titre que vous préférez !
"After Death" a été tourné aux Philippines, un décor très en vogue à l'époque pour les films à budget moyen-faible, utilisant une partie de l'équipe de "Zombi 3" (dont Fragasso était le scénariste) avec l'ajout de Claudio Ciccarese comme directeur de la photographie (pour la petite histoire, Ciccarese est tristement connu comme "celui qui a raté la photographie de Demonia").
Comme il est naturel, les acteurs sont rigoureusement en dessous de tout en ce qui concerne la performance et la photogénie (avec une mention pour
la dentition horrible de Nick Nicholson et les moustaches déconcertants en guidon de Jim Moss). Le doublage sauve la mise seulement en partie, car les dialogues sont inaudibles et servent uniquement de prétexte pour donner de l'air à la dentition (une perle parmi tant d'autres, la réplique : LOUISE : "Rod, tu aimerais un bon hamburger ?" ROD : "Bien sûr... avec tes seins comme ketchup !").
Les musiques sont plutôt anodines, avec le petit air habituel dans les scènes d'action et la chanson "Living after death" interprétée par les pauvres Iron Maiden.
Le maquillage des zombies est médiocre et leur caractérisation est indécise entre le modèle "confus" des classiques de Romero et celui agile et hypercinétique rendu célèbre par "28 jours plus tard" ou le remake de "L'aube des morts-vivants" ; avec une préférence pour le second. Nous pouvons donc nous régaler d'un mort-vivant courant dans la jungle avec une performance de premier ordre, des zombies parlants et des cadavres réanimés maniant des armes à feu.
Le principal défaut du film réside dans le scénario décousu, si approximatif qu'il devrait être étudié dans les écoles de cinéma comme un exemple à NE PAS suivre absolument. On ne comprend même pas quelle est l'origine des zombies : au début du film, une voix off nous parle de mystérieux expériences visant à vaincre la mort et la maladie, le spectateur est donc amené à croire que la cause de la résurrection des cadavres est de type scientifique. Peu après, nous apprenons que les morts se réaniment à cause des pratiques vaudou d'un sorcier
vengatif. Nous n'avons pas le temps d'adopter la cause du vaudou et voici apparaître la troisième porte de l'Enfer et des livres mystérieux de magie noire qui, lus par hasard par quelqu'un, réaniment les morts (le livre ne se comprend pas dans quelle langue il est écrit, mais les vers donnent voix à des rimes plates hilarantes !).
Digne de note est la fin surprise, si sombre qu'elle en devient incompréhensible, je suppose, même pour les époux Fragasso, qui semblent ignorer que le coup de théâtre doit avoir une certaine apparence de logique.
Le splatter, unique consolation dans des films comme celui-ci, est scandaleusement absent dans la version italienne. Les effets gore, nombreux et presque passables, sont l'apanage exclusif de la version en anglais, d'une durée de 84 minutes contre 80 de la VHS de AVO : 4 minutes de scènes supprimées. Reste un mystère le choix d'exclure, dans la version pour notre pays, l'unique aspect vaguement intéressant de l'œuvre. Sans compter que la fin du film repose entièrement sur des effets truculents, raison pour laquelle dans l'édition italienne, elle est encore plus indéchiffrable.
Intégrale ou censurée, cette œuvre reste néanmoins un désastre. Si vous cherchez un bel horror, allez voir ailleurs, mais si vous voulez vous abandonner aux plaisirs interdits du trash, sachez qu'"After Death" vous attend à bras ouverts !
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