Marc Stevens est un chanteur itinérant. A l'hospice, le concert est terminé. Celui-ci reprend la route, mais il tombe en panne au milieu de nulle part. M. Bartel, un aubergiste psychologiquement fragile depuis que son épouse Gloria l'a quitté, le recueille. C'est alors que commence le cauchemar de Marc : M. Bartel voit en lui l'incarnation de son ex-femme et tout le village est persuadé que celle-ci est rentrée au pays.
Marc Stevens est un chanteur de retour d'une performance dans une maison de retraite ; en cours de route, son fourgon tombe en panne au milieu de la forêt, alors Marc décide de chercher refuge dans une auberge peu éloignée. M. Bartel, propriétaire de l'auberge, se montre immédiatement très gentil et disponible, mais derrière son apparence calme et mélancolique, se cache un psychopathe : Bartel, en effet, enlèvera Marc en le prenant pour la femme qu'il a aimée dans le passé et qui l'a abandonné, et le soumettra à toutes sortes de sévices.
Distribué en Italie directement pour le marché de la vidéo à domicile, "Calvaire" est l'une de ces petites œuvres d'esordio destinées à ne pas passer inaperçues. Le jeune Belge Fabrice Du Welz rassemble de nombreux clichés du cinéma d'horreur postmoderne, surtout de nationalité européenne et américaine, et met en place une histoire à mi-chemin entre la folie la plus manifeste et le perturbant, créant ainsi un film qui a une personnalité et une originalité propres malgré les évidents renvois aux classiques du genre.
L'un des plus grands mérites de "Calvaire" est la valorisation des décors naturels, constitués par les paysages désolés et boisés d'une Belgique enveloppée de neige et de tristesse, capables de refléter les émotions et les sensations de folie d'aliénation dans lesquelles se trouvent à vivre les personnages de l'histoire. Si d'une part il est exemplaire de vouloir donner vie à des personnages complètement hors des schémas, d'autre part cet extrême surréalisme dans la construction caractérielle des protagonistes heurte de manière évidente avec le réalisme de la mise en scène : le fou Bartel (interprété par un excellent Jackie Berroyer) est le reflet du bouleversement intérieur d'un homme qui a tout perdu dans sa vie et se trouve à gérer une auberge perdue dans le néant, où personne n'a mis les pieds depuis des années, un Norman Bates moderne qui reconnaît la femme aimée et perdue même dans un voyageur, montrant ainsi que la perception qu'il a du monde et des choses est désormais complètement plongée dans un univers privé et tendant à la schizophrénie. D'autre part
nous avons pourtant Marc Stevens (interprété par Laurent Lucas), un artiste qui nous est présenté dès la première image comme un être ambigu et asexué, dans une performance prophétique qui nous présente sa partie féminine ; si la folie et l'aliénation dont est victime Marc résultent sûrement d'un grand impact pour l'émotivité du spectateur, sa trop grande passivité face aux événements semble trop peu crédible : un homme grand et gros qui se laisse faire de tout par un vieil homme, sans jamais réagir, mais se limitant à pleurnicher, n'est pas vraiment le maximum de la plausibilité et c'est le facteur qui s'oppose le plus au climat de tension et de réalisme scénographique décrit.
Un autre élément d'extrême intérêt dans "Calvaire" est représenté par la présence d'un groupe de rustres dirigés par Philippe Nahon (le tueur de "Alta tensione") qui habitent le village près de la forêt ; une bande de bûcherons et de paysans, tous des hommes, aux comportements inquiétants (la danse improvisée dans le bar au rythme sombre est à glacer le sang !) et aux habitudes dévoyées, dévoués au viol et aux rapports charnels avec les animaux. Ici, la source d'inspiration est clairement "Un tranquille week-end de peur", mais le film auquel Du Welz rend hommage pour le final halluciné est sûrement l'omniprésent "Non ouvre pas cette porte" de Hooper, reprenant même la célèbre scène du dîner.
Excellente est la performance de Du Welz, capable de donner vie à des séquences lentes et réfléchies dans la première partie du film, pour ensuite sombrer dans la seconde partie dans un tourbillon de folie et de cauchemar en utilisant des plans-séquences originaux,
une photographie psychédélique et des effets sonores à glacer le sang (le grognement douloureux du cochon qui accompagne toute la partie du viol et de la fuite fait vraiment dresser les cheveux sur la tête !).
Une légère critique peut être adressée au scénario du même Du Welz, qui présente parfois quelques trous qui ne s'accordent pas parfaitement avec la solidité de l'histoire, mais il s'agit d'une petite chose, car dans l'ensemble "Calvaire" est sûrement un bon film. Recommandé !
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