Nao Shingaki travaille à temps partiel dans un petit magasin. En apparence, il ressemble à n'importe quel autre magasin, mais il y a quelque chose de manifestement anormal dans ce lieu. À l'intérieur, l'air est rempli d'esprits vindicatifs. À l'extérieur, l'arrière-cour empeste d'une horrible odeur. Le propriétaire du magasin semble ravi par les sérieuses blessures qu'a enduré un VRP pour une grande compagnie; alors que sa femme souffre d'une folie inconnue et passe son temps à regarder les caméras de sécurité. Maintenant, les esprits ont pris les âmes d'un employé de nuit et de plusieurs clients. Nao se retrouve avec la lourde tâche d'essayer d'échapper à cette terreur démoniaque...
Dans un petit supermarché de province, des événements étranges commencent à se produire dès l'arrivée de Ryoko, représentante d'une grande chaîne de magasins, qui vient acquérir le commerce et moderniser son inventaire. À partir de ce moment, des forces maléfiques mystérieuses s'abattent sur les lieux et sur quiconque dépense une somme équivalente à 666 ou 999 yens. Il incombera à Ryoko, avec l'aide de Nao, une jeune vendeuse, de découvrir l'origine de cette malédiction.
Depuis quelques années, le cinéma d'horreur oriental a enfin trouvé sa place dans nos pays et s'est fait apprécier grâce à son style novateur, offrant une bouffée d'air frais face aux productions occidentales qui commençaient à se répéter en recyclant les mêmes thèmes. Nous pensions pouvoir compter sur ce cinéma, mais nous avons dû déchanter : trop souvent, ces films importés se révèlent répétitifs, exploitant les mêmes histoires, les mêmes situations, devenant pratiquement des clones les uns des autres.
Bien sûr, ce constat ne s'applique qu'à la poignée de films orientaux importés chez nous, car en Orient, on sait aussi créer des œuvres originales qui sortent des sentiers battus. Parfois, ces tentatives produisent de véritables chefs-d'œuvre qui nous font apprécier l'art cinématographique oriental, mais d'autres fois, elles donnent des films si mauvais qu'on regrette les habituelles histoires de fantômes aux longs cheveux noirs.
« Cursed » (« Chô kowai hanashi A: yami no karasu » en version originale) pourrait être un exemple de cinéma oriental différent, mais malheureusement, il fait partie de ces films tellement mauvais qu'on finit par regretter les classiques histoires de revenants.
Le scénario de « Cursed » semble au départ intrigant, voire captivant, et pique immédiatement la curiosité du spectateur, une curiosité qui ne sera certainement pas récompensée à la fin du visionnage. Le film est un véritable fouillis, composé de plusieurs petits épisodes mal assemblés dans un cadre unique. La trame principale suivant Ryoko et Nao qui tentent de percer le mystère est entrecoupée de divers épisodes racontant les mésaventures de malheureux clients du supermarché qui finissent tous tragiquement assassinés.
Au-delà d'une histoire développée de façon désastreuse, on note aussi un rythme narratif inapproprié qui semble volontairement éviter de captiver le spectateur, le plongeant dans l'ennui dès les premières minutes. Les défauts ne s'arrêtent pas là : les performances des acteurs sont franchement incompétentes, les effets spéciaux alternent maladroitement entre du 3D et du 2D exécrable, et la psychologie des personnages est mal construite, avec des attitudes exagérées, invraisemblables et ridicules, voire irritantes.
L'un des points forts du cinéma d'horreur oriental a toujours été sa capacité à créer une forme d'effroi unique et angoissant qui parvenait généralement à effrayer le spectateur. Ici, cette qualité est totalement absente : aucune tension, aucune peur, aucun frisson.
Ce qui déçoit le plus, c'est la qualité technique, marquée par une photographie exécrable. Le film, en plus de succomber aux charmes du numérique, souffre de scènes mal éclairées qui empêchent le spectateur de comprendre ce qui se passe à l'écran.
Comme si cela ne suffisait pas, la version française en DVD utilise un doublage obscène avec des voix totalement inappropriées, plus adaptées à un dessin animé manga qu'à un film d'horreur censé faire peur.
De plus, « Cursed » recycle sans vergogne des idées de films occidentaux : « Poltergeist » est particulièrement pillé, mais on retrouve aussi « American Beauty » et un prologue qui semble parodier une des scènes les plus célèbres de « Final Destination ».
En conclusion, « Cursed » est l'un des plus mauvais films d'horreur orientaux jamais arrivés chez nous, un film qui n'implique pas, n'intéresse pas, mais ennuie et agace profondément le spectateur qui espérait quelque chose de décent. Un film à rejeter catégoriquement !
Déconseillé même aux fans les plus inconditionnels du cinéma oriental.
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