Leon Kaufman a révélé son talent de photographe à travers des clichés hautement provocants. Décidé à créer l'événement pour sa prochaine exposition, il est prêt à aller encore plus loin dans l'exploration des aspects les plus sombres de l'humanité. Lancé dans une quête obsessionnelle des pires aspects de l'homme, Leon s'intéresse à un tueur en série, Mahogany, qui traque les banlieusards prenant les derniers métros pour rentrer chez eux, avant de les tuer avec une sauvagerie inimaginable. La fascination de Leon pour Mahogany va le conduire de plus en plus loin dans les méandres du métro, au coeur même du mal. Sans le vouloir, il va entraîner Maya, sa petite amie, avec lui. Chaque ticket est peut-être un aller simple vers la mort...
Le photographe Leon Kauffman est à la recherche d'un sujet particulier qui pourrait le faire entrer dans les faveurs de la scout Susan Hoff. Ainsi, en photographiant la vie nocturne de la ville, Leon se retrouve face à Mahogany, un boucher taciturne qui monte chaque nuit dans un wagon de métro avec sa trousse à outils. Le photographe commence à croire que le boucher se cache derrière une série de mystérieuses disparitions qui sévissent depuis des années dans les sous-sols de la ville et, poussé surtout par l'envie de photographier son suspect en action, commence à suivre Mahogany. Malheureusement, les soupçons de Leon sont fondés et maintenant sa propre vie et celle de sa petite amie Maya sont en danger.
Malgré l'importante œuvre littéraire de Clive Barker, peu de romans et de nouvelles de l'écrivain de Liverpool sont devenus des films ; à l'exception, en effet, de la poule aux œufs d'or appelée "Hellraiser", les créatures barkeriennes finies sur grand écran se comptent sur les doigts d'une main. Conscient du potentiel inhérent aux œuvres de Barker, Lionsgate a finalement décidé de porter à l'écran l'une de ses nouvelles les plus célèbres, "Macelleria mobile di mezzanotte", contenue dans "Infernalia", c'est-à-dire le premier des célèbres "Livres de sang".
"The Midnight Meat Train", qui chez nous s'est magiquement transformé en "Prossima fermata: l'inferno" (félicitations aux distributeurs locaux... titre à fusiller !), a eu une genèse et une réalité distributive un peu
travail. Après l'abandon immédiat en cabine de réalisation de Patrick Tatopoulos ("Underworld 3: La rébellion des Lycans") le témoin est passé entre les mains du japonais Ryuhei Kitamura, auteur du culte action zombiesque "Versus" et du cinécomic "Azumi", même si certaines rumeurs infondues et un peu malveillantes affirment que Clive Barker lui-même a mis la main à la pâte en matière de réalisation, puisqu'il a suivi personnellement toute la production du film.
"Prossima fermata: l'inferno" a bénéficié de peu de visibilité dans les salles américaines, finissant rapidement sur les étagères des vidéoclubs, sort qui a directement touché le marché italien et qui a indisposé non peu Barker. En effet, il est dommage de voir un film de bonne facture comme celui-ci ghettoïsé par ses propres réalisateurs, capable de capturer l'attention du spectateur grâce à une histoire originale et un nombre considérable de scènes à fort impact. En effet, le scénario suit la descente classique aux enfers d'un être humain qui, comme l'horreur nous a habitués, n'est pas seulement métaphorique, mais le fait avec un sens de l'originalité qui distingue ce film du filon satanique canonique. Cette fois-ci, nous nous trouvons dans les parages du thriller serial killer – mais c'est difficile à étiqueter avec précision ce film -, avec un assassin effroyable et imprenable qui massacre ses victimes avec la même brutalité naturelle avec laquelle
il découpe les quartiers de bœuf dans la boucherie bovine où il travaille. Mais la chose insolite est surtout le lieu où agit notre pluriomicida mastodonte : les wagons du métro ! Mahogany attend avec une patience forrestgumpienne (et en effet une réplique du film fait justement allusion au célèbre personnage interprété par Tom Hanks) que les wagons soient presque vides et commence alors le massacre, utilisant ensuite les appuis supérieurs des wagons comme des protubérances sur lesquelles accrocher ses proies et les travailler, tout comme on le fait dans une boucherie. Le visage et le corps du psychopathe sont incarnés par l'Anglais Vinnie Jones ("X-Men : Le conflit final" ; "Snatch"), qui incarne à la perfection l'insensible et granitique Mahogany, un "méchant" étrange dans sa mystérieuse mécanacité et en même temps familier au spectateur pour sa puissance physique, caractéristique appartenant à de nombreux célèbres tueurs en série du grand écran.
L'excellente performance de Jones n'est cependant pas reproduite par le protagoniste de l'histoire, un Bradley Cooper ("2 single à nozze" ; "The Rocker – Le batteur nu") pas très convaincant dans le rôle du photographe Leon. Le problème ne réside pas tant dans la performance de Cooper, professionnel discret, mais dans le manque d'adhérence au personnage auquel il ne parvient pas à donner cette touche de morbidité hallucinatoire qu'il acquiert dans la seconde moitié de l'histoire. Déjà parce que, au-delà d'une chasse au tueur en série, "Prossima fermata: l'inferno" est aussi une sorte de noir intimiste qui cligne de l'œil à "Angel Heart" et à la mythologie barkerienne classique : Leon passe de curieux et ambitieux à esclave de la perversion et obsédé par la vérité, transformant son air de bon garçon en
pourriture essentielle de toxicomane – sans faire usage de drogues – et de ce changement deviennent des protagonistes directs aussi sa petite amie (interprétée par Leslie Bibb) et son meilleur ami (un Roger Bart gaspillé). Naturellement, l'évolution de l'histoire ne manque pas de surprises qui, avec un peu d'imagination, pourraient largement être prévues.
Le scénario de Jeff Buhler ("Insanitarium", dont il est aussi réalisateur) craque par endroits, laissant entrevoir quelques trous par-ci par-là, et a pour effet de laisser quelques doutes au spectateur ; de plus, le développement de l'histoire, surtout dans la partie centrale, semble inutilement tiré en longueur, alourdissant un peu la vision. Rien de grave, cependant, étant donné que "Prossima fermata: l'inferno" a tant de qualités qui réussissent à faire rester dans l'ombre les défauts. À la déjà citée bonté de l'histoire et à l'excellente interprétation de Vinnie Jones, il faut ajouter la belle réalisation de Kitamura qui, se souvenant de son passé, nous offre une série de trouvailles virtuosistiques dans la mise en
scène des meurtres qui ont vraiment de l'exaltant, alternés à d'autres moments de calme et de méticulosité pour les détails qui donnent un résultat global original et agréable. Il faut également mentionner l'excellente photographie de Jonathan Sela, qui associe avec fonctionnalité les environnements sombres et sales du sous-bois métropolitain à l'asepsie des lumières néon qui éclairent les wagons du métro.
Autre caractéristique positive de ce film est l'extrême brutalité de certaines scènes, parfois vraiment dérangeantes, et l'abondance – presque excessive – d'écoulements de sang, parfois réalisés avec la computer graphic qui dans une paire de scènes peut aussi se révéler intrusive.
Un très bon film, donc, porteur de défauts évidents mais aussi de nombreuses qualités qui en font un produit à récupérer absolument.
Il mérite une demi-citrouille en plus.
Commentaires